EthicaDB •   Publication hypertextuelle et multi-versions de l'Ethique de Spinoza

propositio 5

Pars 5, prop 5
Latin | Elwes - en | Stern - de | Peri - it | Suchtelen - nl | Peña - es | Pautrat - fr | Misrahi - fr     infra (1)  |  haut ^

Une affection à l'égard d'une chose que nous imaginons simplement et non comme nécessaire ni comme possible ou comme contingente est, toutes choses égales, la plus grande qui soit.

Affectus erga rem quam simpliciter et non ut necessariam neque ut possibilem neque ut contingentem imaginamur, caeteris paribus omnium est maximus.

Affectus erga rem quam simpliciter et non ut necessariam neque ut possibilem neque ut contingentem imaginamur, caeteris paribus omnium est maximus.

An emotion towards a thing, which we conceive simply, and not as necessary, or as contingent, or as possible, is, other conditions being equal, greater than any other emotion. (Elwes - en)

Der Affekt gegen ein Ring, das wir uns schlechthin vorstellen, also weder als notwendig noch als möglich noch als zufällig, ist, bei sonst gleichen Umständen, unter allen Affekten der stärkste. (Stern - de)

Il sentimento verso una cosa che immaginiamo semplicemente, senza considerarla né necessaria né possibile né contingente, è, a parità di altre condizioni, il più forte di tutti. (Peri - it)

Een aandoening, opgewekt door iets dat wij ons zonder meer, en noch als noodwendig, noch als mogelijk, noch als toevallig voorstellen, is onder overigens gelijke omstandigheden, sterker dan alle andere. (Suchtelen - nl)

En igualdad de circunstancias, es máximo el afecto que experimentamos hacia una cosa que simplemente imaginamos (y no como necesaria, ni como posible, ni como contingente). (Peña - es)

L’affect envers une chose que nous imaginons, simplement, et non comme nécessaire, ni comme possible, ni comme contingente, est, toutes choses égales d’ailleurs, le plus grand de tous. (Pautrat - fr)

Un affect à l’égard d’un objet que nous imaginons isolément, et non pas comme nécessaire, ni comme possible, ni comme contingent, est, toutes choses égales d’ailleurs, le plus grand des affects. (Misrahi - fr)

demonstratio par 3, prop 49  |  4, prop 11  |  2, prop 35, sc 

Latin | Elwes - en | Stern - de | Peri - it | Suchtelen - nl | Peña - es | Misrahi - fr

5, prop 5, demo  - Une affection à l'égard d'une chose que nous imaginons qui est libre, est plus grande qu'à l'égard d'une chose nécessaire (Prop. 49, p. III) et en conséquence encore plus grande qu'à l'égard de celle que nous imaginons comme possible ou contingente (Prop. 11, p. IV). Mais imaginer une chose comme libre ne peut rien être d'autre qu'imaginer une chose simplement, tandis que nous ignorons les causes par où elle a été déterminée à produire quelque effet (en vertu de ce que nous avons montré dans le Scolie de la Prop. 35, p. II) ; donc une affection à l'égard d'une chose que nous imaginons simplement, est plus grande, toutes choses égales, qu'à l'égard d'une chose nécessaire, possible ou contingente, et conséquemment elle est la plus grande qui soit. C.Q.F.D.

5, prop 5, demo  - Affectus erga rem quam liberam esse imaginamur, major est quam erga necessariam (per propositionem 49 partis III) et consequenter adhuc major quam erga illam quam ut possibilem vel contingentem imaginamur (per propositionem 11 partis IV). At rem aliquam ut liberam imaginari nihil aliud esse potest quam quod rem simpliciter imaginamur dum causas a quibus ipsa ad agendum determinata fuit, ignoramus (per illa quae in scholio propositionis 35 partis II ostendimus); ergo affectus erga rem quam simpliciter imaginamur, caeteris paribus major est quam erga necessariam, possibilem vel contingentem et consequenter maximus. Q.E.D.

5, prop 5, demo  - An emotion towards a thing, which we conceive to be free, is greater than one towards what we conceive to be necessary (III. xlix.), and, consequently, still greater than one towards what we conceive as possible, or contingent (IV. xi.). But to conceive a thing as free can be nothing else than to conceive it simply, while we are in ignorance of the causes whereby it has been determined to action (II. xxxv. note); therefore, an emotion towards a thing which we conceive simply is, other conditions being equal, greater than one, which we feel towards what is necessary, possible, or contingent, and, consequently, it is the greatest of all Q.E.D. (Elwes - en)

5, prop 5, demo  - Der Affekt gegen ein Ding, das wir uns frei vorstellen, ist stärker als gegen ein notwendiges (nach Lehrsatz 49, Teil 3) und folglich noch viel stärker als der Affekt gegen ein Ding, das wir uns als möglich oder zufällig vorstellen (nach Lehrsatz 11, Teil 4). Ein Ding sich als frei vorstellen kann aber nichts anderes sein, als daß wir uns das Ding schlechthin vorstellen, indem wir die Ursachen, von welchen es zum Handeln bestimmt wurde, unbeachtet lassen (nach dem, was in der Anmerkung zu Lehrsatz 35, Teil 2, gezeigt wurde). Folglich ist der Affekt gegen ein Ding, das wir uns schlechthin vorstellen, bei sonst gleichen Umständen stärker als gegen ein notwendiges, mögliches oder zufälliges, und mithin ist er der stärkste. - W.z.b.w. (Stern - de)

5, prop 5, demo  - Sappiamo che un sentimento concernente una cosa che immaginiamo libera è più forte che se la cosa fosse necessaria, e di conseguenza ancor più forte che se immaginassimo quella cosa come possibile o contingente. Ma immaginare una cosa come libera non può essere altro che immaginarla in sé, trascurando (o ignorando) le cause dalle quali essa è stata determinata ad operare, e ad essere: e dunque un sentimento verso una cosa che immaginiamo semplicemente è a parità di altre condizioni più forte di un sentimento concernente una cosa necessaria o possibile o contingente, e di conseguenza è il più forte di tutti. (P. II, Chiarim. d. Prop. 35; P. III, Prop. 49; P. IV, Prop. 11). (Peri - it)

5, prop 5, demo  - De aandoening, opgewekt door iets dat wij voor vrij houden is sterker dan die, teweeg gebracht door iets noodwendigs (vlg. St. LIX D. III) en bijgevolg veel sterker dan die, veroorzaakt door iets dat wij als mogelijk of als toevallig beschouwen (vlg. St. XI D. IV). Maar zich iets als vrij voorstellen kan niets anders beteekenen dan dat wij het ons "zonder meer" voorstellen, zonder al de oorzaken, waardoor het tot zijn werking gedreven wordt, te kennen (vlg. hetgeen wij in Opmerking St. XXXV D. II hebben aangetoond). Derhalve zal de aandoening, opgewekt door iets dat wij ons zonder meer voorstellen, onder overigens gelijke omstandigheden, sterker zijn dan die, teweeggebracht door iets noodwendigs, mogelijks of toevalligs, en bijgevolg sterker dan alle andere. H.t.b.w. (Suchtelen - nl)

5, prop 5, demo  - El afecto que experimentamos hacia una cosa que imaginamos libre es mayor que el que experimentamos hacia una cosa necesaria (por la Proposición 49 de la Parte III), y, por consiguiente, mayor todavía que el que experimentamos hacia una cosa que imaginamos como posible o contingente (por la Proposición 11 de la Parte IV). Ahora bien, imaginar una cosa como libre no es sino, simplemente, imaginarla, en tanto que ignoramos las causas por las que ha sido determinada a obrar (por lo que hemos mostrado en el Escolio de la Proposición 35 de la Parte II); luego el afecto hacia una cosa que simplemente imaginamos, en igualdad de circunstancias, es mayor que el que experimentamos hacia una cosa necesaria, contingente o posible, y, por consiguiente, es máximo. Q.E.D. (Peña - es)

5, prop 5, demo  - Un affect à l’égard d’un objet dont nous imaginons qu’il est libre est plus grand que l’affect à l’égard d’un objet nécessaire (par la Proposition 49, Partie III) et par conséquent plus grand encore qu’à l’égard d’un objet que nous imaginons comme possible ou contingent (par la Proposition 11, Partie IV). Mais imaginer une chose comme étant libre ne peut signifier rien d’autre qu’imaginer l’objet isolément, tout en ignorant les causes qui l’ont déterminé à agir (par le Scolie de la Proposition 35, Partie II). Par suite, un affect à l’égard d’un objet que nous imaginons isolément est plus grand, toutes choses égales d’ailleurs, qu’un affect à l’égard d’une chose nécessaire, possible ou contingente, et par conséquent il est le plus grand qui soit. C.Q.F.D. (Misrahi - fr)

3, prop 49 - L'Amour et la Haine envers une chose que nous imaginons qui est libre, doivent tous deux être plus grands, à cause égale, qu'envers une chose nécessaire.

4, prop 11 - Une affection se rapportant à une chose que nous imaginons comme nécessaire est plus intense, toutes choses égales d'ailleurs, que si elle se rapportait à une chose possible ou contingente, c'est-à-dire non nécessaire.

2, prop 35, sc  - J'ai expliqué dans le Scolie de la Proposition 17 en quel sens l'erreur consiste dans une privation de connaissance ; mais, pour l'expliquer plus amplement, je donnerai un exemple : les hommes se trompent en ce qu'ils se croient libres ; et cette opinion consiste en cela seul qu'ils ont conscience de leurs actions et sont ignorants des causes par où ils sont déterminés ; ce qui constitue donc leur idée de la liberté, c'est qu'ils ne connaissent aucune cause de leurs actions. Pour ce qu'ils disent en effet : que les actions humaines dépendent de la volonté, ce sont des mots auxquels ne correspond aucune idée. Car tous ignorent ce que peut être la volonté et comment elle peut mouvoir le Corps ; pour ceux qui ont plus de prétention et forgent un siège ou une demeure de l'âme, ils excitent habituellement le rire ou le dégoût. De même, quand nous regardons le soleil, nous imaginons qu'il est distant de nous d'environ deux cents pieds, et l'erreur ici ne consiste pas dans l'action d'imaginer cela prise en elle-même, mais en ce que, tandis que nous l'imaginons, nous ignorons la vraie distance du soleil et la cause de cette imagination que nous avons. Plus tard, en effet, tout en sachant que le soleil est distant de plus de 600 fois le diamètre terrestre, nous ne laisserons pas néanmoins d'imaginer qu'il est près de nous ; car nous n'imaginons pas le soleil aussi proche parce que nous ignorons sa vraie distance, mais parce qu'une affection de notre Corps enveloppe l'essence du soleil, en tant que le Corps lui-même est affecté par cet astre.

utilisé(e) par : 5, prop 6, demo 

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