EthicaDB •   Publication hypertextuelle et multi-versions de l'Ethique de Spinoza

propositio 30

Pars 4, prop 30
Latin | Elwes - en | Stern - de | Peri - it | Suchtelen - nl | Peña - es | Pautrat - fr | Misrahi - fr     infra (6)  |  haut ^

Nulle chose ne peut être mauvaise par ce qu'elle a de commun avec notre nature, mais dans la mesure où elle est mauvaise pour nous, elle nous est contraire.

Res nulla per id quod cum nostra natura commune habet, potest esse mala sed quatenus nobis mala est eatenus est nobis contraria.

Res nulla per id quod cum nostra natura commune habet, potest esse mala sed quatenus nobis mala est eatenus est nobis contraria.

A thing cannot be bad for us through the quality which it has in common with our nature, but it is bad for us in so far as it is contrary to our nature. (Elwes - en)

Kein Ding kann durch das, was es mit unserer Natur gemeinsam hat, schlecht sein, sondern sofern es für uns schlecht ist, insofern ist es uns entgegengesetzt. (Stern - de)

Nessuna cosa può esser cattiva per ciò che essa ha in comune con la nostra natura; ma in quanto tale cosa per noi è cattiva, in tanto ci è contraria. (Peri - it)

Geen ding kan, door wat het met onzen aard gemeen heeft, slecht voor ons zijn. Voorzoover iets slecht voor ons is, is het met onzen aard in strijd. (Suchtelen - nl)

Ninguna cosa puede ser mala por lo que tiene de común con nuestra naturaleza, sino que es mala para nosotros en la medida en que nos es contraria. (Peña - es)

Nulle chose ne peut être mauvaise par ce qu'elle a de commun avec notre nature ; mais en tant qu'elle est mauvaise pour nous, en cela elle nous est contraire. (Pautrat - fr)

Rien ne peut être mauvais par ce qu’il a de commun avec notre nature, mais en tant qu’une chose est mauvaise pour nous, elle nous est contraire. (Misrahi - fr)

demonstratio par 4, prop 8  |  3, prop 11, sc   |  3, prop 4  |  3, prop 5

Latin | Elwes - en | Stern - de | Peri - it | Suchtelen - nl | Peña - es | Misrahi - fr

4, prop 30, demo  - Nous appelons mauvais ce qui est cause de Tristesse (Prop. 8), c'est-à-dire (par la Déf. de la Tristesse, Scolie de la Prop. 11, p. III) ce qui diminue ou réduit notre puissance d'agir. Si donc une chose, par ce qu'elle a de commun avec nous, était mauvaise pour nous, cette chose pourrait diminuer ou réduire ce qu'elle a de commun avec nous, ce qui (Prop. 4, p. III) est absurde. Nulle chose donc ne peut être mauvaise pour nous par ce qu'elle a de commun avec nous, mais, au contraire, dans la mesure où elle est mauvaise, c'est-à-dire (comme nous l'avons déjà montré) peut diminuer ou réduire notre puissance d'agir, elle nous est contraire (Prop. 5, p. III). C.Q.F.D.

4, prop 30, demo  - Id malum vocamus quod causa est tristitiae (per propositionem 8 hujus) hoc est (per ejus definitionem, quam vide in scholio propositionis 11 partis III) quod nostram agendi potentiam minuit vel coercet. Si igitur res aliqua per id quod nobiscum habet commune, nobis esset mala, posset ergo res id ipsum quod nobiscum commune habet, minuere vel coercere, quod (per propositionem 4 partis III) est absurdum. Nulla igitur res per id quod nobiscum commune habet, potest nobis esse mala sed contra quatenus mala est hoc est (ut jam jam ostendimus) quatenus nostram agendi potentiam minuere vel coercere potest eatenus (per propositionem 5 partis III) nobis est contraria. Q.E.D.

4, prop 30, demo  - We call a thing bad when it is the cause of pain (IV. viii.), that is (by the Def., which see in III. xi. note), when it diminishes or checks our power of action. Therefore, if anything were bad for us through that quality which it has in common with our nature, it would be able itself to diminish or check that which it has in common with our nature, which (III. iv.) is absurd. Wherefore nothing can be bad for us through that quality which it has in common with us, but, on the other hand, in so far as it is bad for us, that is (as we have just shown), in so far as it can diminish or check our power of action, it is contrary to our nature. Q.E.D. (Elwes - en)

4, prop 30, demo  - Wir nennen das schlecht, was Ursache der Unlust ist (nach Lehrsatz 8 dieses Teils), d.h. (nach der Definition der Unlust, s. dieselbe in der Anmerkung zu Lehrsatz 11, Teil 3), was unser Tätigkeitsvermögen vermindert oder hemmt. Wenn daher ein Ding durch das, was es mit uns gemeinsam hat, schlecht für uns wäre, so könnte also ein Ding eben das, was es mit uns gemeinsam hat, vermindern oder hemmen, was (nach Lehrsatz 4, Teil 3) widersinnig wäre. Folglich kann kein Ding durch das, was es mit uns gemeinsam hat, schlecht für uns sein, vielmehr sofern es schlecht ist, d.h. (wie oben gezeigt worden), sofern es unser Tätigkeitsvermögen vermindern oder hemmen kann, insofern ist es (nach Lehrsatz 5, Teil 3) uns entgegengesetzt. - W.z.b.w. (Stern - de)

4, prop 30, demo  - Noi chiamiamo male, o cattivo, ciò che ci è causa di Tristezza, ossia ciò che diminuisce od ostacola la nostra potenza d'agire. Se pertanto una qualche cosa fosse cattiva (per noi) a cagione di ciò che essa ha in comune con noi, quella cosa potrebbe dunque diminuire od ostacolare ciò stesso che essa ha in comune con noi: il che èa ssurdo. Nessuna cosa, pertanto, può essere cattiva per noi a cagione di ciò che con noi essa ha in comune: al contrario, in quanto essa è cattiva, cioè come abbiamo già mostrato in quanto può diminuire od ostacolare la nostra potenza d'agire, in tanto essa ci è contraria. (P. III, Prop. 4; Prop. 5; Chiarim. d. Prop. 11; P. IV, Prop. 8). (Peri - it)

4, prop 30, demo  - Slecht noemen wij datgene, wat oorzaak is van Droefheid (vlg. St. VIII v.d. D.), d.w.z. (vlg. de Definitie daarvan, welke men vindt in Opmerking St. XI D. III), wat ons vermogen tot handelen vermindert of belemmert. Indien dus eenig ding, door wat het met ons gemeen heeft, slecht voor ons was, zou het dus juist datgene, wat het met ons gemeen had, kunnen verminderen of belemmeren, hetgeen (vlg. St. IV D. III) ongerijmd is. Geen ding kan dus door datgene, wat het met ons gemeen heeft, slecht voor ons zijn; maar omgekeerd, voorzoover iets slecht is, d.w.z. (gelijk reeds werd aangetoond) voorzoover het ons vermogen tot handelen kan verminderen of belemmeren, is het (vlg. St. V D. III) met onzen aard in strijd. H.t.b.w. (Suchtelen - nl)

4, prop 30, demo  - Llamamos "malo" a lo que es causa de tristeza (por la Proposición 8 de esta Parte), esto es (por la Definición de la tristeza: verla en el Escolio de la Proposición 11 de la Parte III), a lo que disminuye o reprime nuestra potencia de obrar. Así pues, si alguna cosa fuese mala por lo que tiene de común con nosotros, podría entonces disminuir o reprimir eso que tiene de común con nosotros, lo cual (por la Proposición 4 de la Parte III) es absurdo. Ninguna cosa, pues, puede ser mala por lo que tiene de común con nosotros, sino que, al contrario, es mala, es decir (como acabamos de mostrar), disminuye o reprime nuestra potencia de obrar, en la medida en que nos es contraria (por la Proposición 5 de la Parte III). Q.E.D. (Peña - es)

4, prop 30, demo  - Nous appelons mal ce qui est cause de Tristesse (par la Proposition 8) c’est-à-dire (par la Définition de celle-ci qu’on trouvera au Scolie de la Proposition 11, Partie III) ce qui réduit ou réprime notre puissance d’agir. Si donc une chose était mauvaise pour nous par ce qu’elle a de commun avec nous, elle pourrait réduire ou réprimer ce qu’elle a de commun avec nous, ce qui (par la Proposition 4, Partie III) est absurde. Aucune chose ne peut donc être mauvaise pour nous par ce qu’elle a de commun avec nous, mais à l’inverse, dans la mesure où elle est mauvaise, c’est-à-dire (comme nous l’avons déjà montré) dans la mesure où elle peut réduire ou réprimer notre puissance d’agir, elle nous est contraire (par la Proposition 5, Partie III). C.Q.F.D. (Misrahi - fr)

4, prop 8 - La connaissance du bon et du mauvais n'est rien d'autre que l'affection de la Joie ou de la Tristesse, en tant que nous en avons conscience.

3, prop 11, sc  - Nous avons donc vu que l'Âme est sujette quand elle est passive, à de grands changements et passe tantôt à une perfection plus grande, tantôt à une moindre ; et ces passions nous expliquent les affections de la Joie et de la Tristesse. Par Joie j'entendrai donc, par la suite, une passion par laquelle l'Âme passe à une perfection plus grande. Par Tristesse, une passion par laquelle elle passe à une perfection moindre. J'appelle, en outre, l'affection de la Joie, rapportée à la fois à l'Âme et au Corps, Chatouillement ou Gaieté ; celle de la Tristesse, Douleur ou Mélancolie. Il faut noter toutefois que le Chatouillement et la Douleur se rapportent à l'homme, quand une partie de lui est affectée plus que les autres, la Gaieté et la Mélancolie, quand toutes les parties sont également affectées. Pour le Désir j'ai expliqué ce que c'est dans le Scolie de la Proposition 9, et je ne reconnais aucune affection primitive outre ces trois : je montrerai par la suite que les autres naissent de ces trois. Avant de poursuivre, toutefois, il me paraît bon d'expliquer ici plus amplement la Proposition 10 de cette Partie, afin que l'on connaisse mieux en quelle condition une idée est contraire à une autre.
Dans le Scolie de la Proposition 17, Partie II, nous avons montré que l'idée constituant l'essence de l'Âme enveloppe l'existence du Corps aussi longtemps que le Corps existe. De plus, de ce que nous avons fait voir dans le Corollaire et dans le Scolie de la Proposition 8, Partie II, il suit que l'existence présente de notre Âme dépend de cela seul, à savoir de ce que l'Âme enveloppe l'existence actuelle du Corps. Nous avons montré enfin que la puissance de l'Âme par laquelle elle imagine les choses et s'en souvient, dépend de cela aussi (Prop. 17 et 18, p. II, avec son Scolie) qu'elle enveloppe l'existence actuelle du Corps. D'où il suit que l'existence présente de l'Âme et sa puissance d'imaginer sont ôtées, sitôt que l'Âme cesse d'affirmer l'existence présente du Corps. Mais la cause pour quoi l'Âme cesse d'affirmer cette existence du Corps, ne peut être l'Âme elle-même (Prop. 4) et n'est pas non plus que le Corps cesse d'exister. Car (Prop. 6, p.II) la cause pour quoi l'Âme affirme l'existence du Corps, n'est pas que le Corps a commencé d'exister ; donc, pour la même raison, elle ne cesse pas d'affirmer l'existence du Corps parce que le Corps cesse d'être ; mais (Prop. 8, p. II) cela provient d'une autre idée qui exclut l'existence présente de notre Corps et, conséquemment, celle de notre Âme et qui est, par suite, contraire à l'idée constituant l'essence de notre Âme.

3, prop 4 - Nulle chose ne peut être détruite sinon par une cause extérieure.

3, prop 5 - Des choses sont d'une nature contraire, c'est-à-dire ne peuvent être dans le même sujet, dans la mesure où l'une peut détruire l'autre.

utilisé(e) par : 4, prop 31, demo   |  4, prop 34, demo   |  4, prop 34, sc   |  5, prop 10, demo   |  5, prop 38, demo   |  5, prop 39, demo 

0.0127