EthicaDB •   Publicación numérica y multilingue de la Ética de Spinoza

propositio 55

Pars 3, prop 55
Latin | Elwes - en | Stern - de | Peri - it | Suchtelen - nl | Peña - es | Pautrat - fr | Misrahi - fr     infra (4)  |  arriba ^

Quand l'Âme imagine son impuissance, elle est contristée par cela même.

Cum mens suam impotentiam imaginatur, eo ipso contristatur.

Cum mens suam impotentiam imaginatur, eo ipso contristatur.

When the mind contemplates its own weakness, it feels pain thereat. (Elwes - en)

Wenn sich der Geist sein Unvermögen vorstellt, so empfindet er eben dadurch Unlust. (Stern - de)

Quando la Mente immagina la sua impotenza, per ciò stesso si rattrista. (Peri - it)

Wanneer de Geest zich zijn eigen machteloosheid voorstelt, wordt hij daardoor bedroefd. (Suchtelen - nl)

Cuando el alma imagina su impotencia, se entristece. (Peña - es)

Quand l'esprit imagine son impuissance, par là même il est triste. (Pautrat - fr)

Quand l'Esprit imagine son impuissance il est par là même attristé. (Misrahi - fr)

demonstratio por 3, prop 54  |  3, prop 11, sc 

Latin | Elwes - en | Stern - de | Peri - it | Suchtelen - nl | Peña - es | Misrahi - fr

3, prop 55, demo  - L'essence de l'Âme affirme cela seulement que l'Âme est et peut, autrement dit il est de la nature de l'Âme d'imaginer seulement ce qui pose sa puissance d'agir (Prop. préc.). Quand donc nous disons que l'Âme, tandis qu'elle se considère elle-même, imagine son impuissance, nous ne disons rien d'autre sinon que, tandis que l'Âme s'efforce d'imaginer quelque chose qui pose sa puissance d'agir, cet effort qu'elle fait est réduit, autrement dit (Scolie de la Prop. 11) qu'elle est contristée. C.Q.F.D.

3, prop 55, demo  - Mentis essentia id tantum quod mens est et potest, affirmat sive de natura mentis est ea tantummodo imaginari quae ipsius agendi potentiam ponunt (per propositionem praecedentem). Cum itaque dicimus quod mens dum se ipsam contemplatur, suam imaginatur impotentiam, nihil aliud dicimus quam quod dum mens aliquid imaginari conatur quod ipsius agendi potentiam ponit, hic ejus conatus coercetur sive (per scholium propositionis 11 hujus) quod ipsa contristatur. Q.E.D.

3, prop 55, demo  - The essence of the mind only affirms that which the mind is, or can do; in other words, it is the mind's nature to conceive only such things as assert its power of activity (last Prop.). Thus, when we say that the mind contemplates its own weakness, we are merely saying that while the mind is attempting to conceive something which asserts its power of activity, it is checked in its endeavour--in other words (III. xi. note), it feels pain. Q.E.D. (Elwes - en)

3, prop 55, demo  - DasWesen des Geistes bejaht nur das, was der Geist ist und vermag; oder es liegt in der Natur des Geistes, sich nur das vorzustellen, was sein Tätigkeitsvermögen setzt (nach dem vorigen Lehrsatz). Wenn wir also sagen, daß der Geist, während er sich selbst betrachtet, sich sein Unvermögen vorstellt, so sagen wir nichts anderes, als daß, wenn der Geist sich etwas vorzustellen strebt, was sein Tätigkeitsvermögen setzt, dieses sein Streben gehemmt wird oder (nach Anmerkung zu Lehrsatz 11 dieses Teils) daß er Unlust empfindet. -W.z.b.w. (Stern - de)

3, prop 55, demo  - L'essenza della Mente, come abbiamo detto qui sopra, afferma solo ciò che la Mente è e può: ossia la Mente per sua natura immagina solamente le cose che pongono la sua potenza d'agire. Quando pertanto diciamo che la Mente, considerando se stessa, immagina la propria impotenza, noi non diciamo se non che la Mente, mentre si sforza d'immaginare qualcosa che pone la sua potenza d'agire, viene coartata in questo suo sforzo, ossia deve rattristarsi (Chiarim. d. Prop. 11 di questa Parte). (Peri - it)

3, prop 55, demo  - Het wezen van den Geest bevestigt slechts datgene wat de Geest is en vermag, ofwel het ligt in den aard van den Geest (vlg. voorgaande St.) zich slechts zulke dingen voor te stellen, welke zijn macht tot handelen onderstellen. Wanneer wij dus zeggen dat de Geest, terwijl hij zichzelf beschouwt, zich zijn eigen machteloosheid voorstelt, zeggen wij niets anders dan dat, terwijl de Geest poogt zich iets voor te stellen wat zijn macht tot handelen onderstelt, juist diezelfde poging wordt belemmerd; m.a.w. (vlg. Opmerking St. XI v.d. D.) dat hij zich bedroeft. H.t.b.w. (Suchtelen - nl)

3, prop 55, demo  - La esencia del alma afirma sólo aquello que el alma es y puede, o sea: es propio de la naturaleza del alma imaginar solamente lo que afirma su potencia de obrar (por la Proposición anterior). Así pues, cuando decimos que el alma, al considerarse a sí misma, imagina su impotencia, no decimos sino que, al esforzarse el alma por imaginar algo que afirma su potencia de obrar, ese esfuerzo suyo resulta reprimido, o sea (por el Escolio de la Proposición 11 de esta Parte), que se entristece. Q.E.D. (Peña - es)

3, prop 55, demo  - L'essence de l'Esprit affirme cela seulement que l'Esprit est et peut, c'est-à-dire qu'il est de la nature de l'Esprit d'imaginer cela seulement qui pose sa propre puissance d'agir (par la Proposition précédente). Lorsque nous disons, par conséquent, que l'Esprit se considérant lui-même imagine son impuissance, nous ne disons rien d'autre que cela : tandis que l'Esprit s'efforce d'imaginer quelque chose qui pose sa propre puissance d'agir, son effort est réprimé, c'est-à-dire que (par le Scolie de la Proposition 11) l'Esprit est lui-même attristé. C.Q.F.D. (Misrahi - fr)

3, prop 54 - L'Âme s'efforce d'imaginer cela seulement qui pose sa propre puissance d'agir.

3, prop 11, sc  - Nous avons donc vu que l'Âme est sujette quand elle est passive, à de grands changements et passe tantôt à une perfection plus grande, tantôt à une moindre ; et ces passions nous expliquent les affections de la Joie et de la Tristesse. Par Joie j'entendrai donc, par la suite, une passion par laquelle l'Âme passe à une perfection plus grande. Par Tristesse, une passion par laquelle elle passe à une perfection moindre. J'appelle, en outre, l'affection de la Joie, rapportée à la fois à l'Âme et au Corps, Chatouillement ou Gaieté ; celle de la Tristesse, Douleur ou Mélancolie. Il faut noter toutefois que le Chatouillement et la Douleur se rapportent à l'homme, quand une partie de lui est affectée plus que les autres, la Gaieté et la Mélancolie, quand toutes les parties sont également affectées. Pour le Désir j'ai expliqué ce que c'est dans le Scolie de la Proposition 9, et je ne reconnais aucune affection primitive outre ces trois : je montrerai par la suite que les autres naissent de ces trois. Avant de poursuivre, toutefois, il me paraît bon d'expliquer ici plus amplement la Proposition 10 de cette Partie, afin que l'on connaisse mieux en quelle condition une idée est contraire à une autre.
Dans le Scolie de la Proposition 17, Partie II, nous avons montré que l'idée constituant l'essence de l'Âme enveloppe l'existence du Corps aussi longtemps que le Corps existe. De plus, de ce que nous avons fait voir dans le Corollaire et dans le Scolie de la Proposition 8, Partie II, il suit que l'existence présente de notre Âme dépend de cela seul, à savoir de ce que l'Âme enveloppe l'existence actuelle du Corps. Nous avons montré enfin que la puissance de l'Âme par laquelle elle imagine les choses et s'en souvient, dépend de cela aussi (Prop. 17 et 18, p. II, avec son Scolie) qu'elle enveloppe l'existence actuelle du Corps. D'où il suit que l'existence présente de l'Âme et sa puissance d'imaginer sont ôtées, sitôt que l'Âme cesse d'affirmer l'existence présente du Corps. Mais la cause pour quoi l'Âme cesse d'affirmer cette existence du Corps, ne peut être l'Âme elle-même (Prop. 4) et n'est pas non plus que le Corps cesse d'exister. Car (Prop. 6, p.II) la cause pour quoi l'Âme affirme l'existence du Corps, n'est pas que le Corps a commencé d'exister ; donc, pour la même raison, elle ne cesse pas d'affirmer l'existence du Corps parce que le Corps cesse d'être ; mais (Prop. 8, p. II) cela provient d'une autre idée qui exclut l'existence présente de notre Corps et, conséquemment, celle de notre Âme et qui est, par suite, contraire à l'idée constituant l'essence de notre Âme.

corollarium 1 por 3, prop 53, cor 

Latin | Elwes - en | Stern - de | Peri - it | Suchtelen - nl | Peña - es | Misrahi - fr     infra (1)

3, prop 55, cor 1 - Cette tristesse est de plus en plus alimentée, si on imagine qu'on est blâmé par d'autres ; ce qui se démontre de la même manière que le Corollaire de la Proposition 53.

3, prop 55, cor 1 - Haec tristitia magis ac magis fovetur si se ab aliis vituperari imaginatur; quod eodem modo demonstratur ac corollarium propositionis 53 hujus.

3, prop 55, cor 1 - This pain is more and more fostered, if a man conceives that he is blamed by others; this may be proved in the same way as the corollary to III. liii. (Elwes - en)

3, prop 55, cor 1 - Diese Unlust wird mehr und mehr genährt, wenn er sich von andern verachtet vorstellt; was auf gleiche Weise bewiesen wird wie der Zusatz zu Lehrsatz 53 dieses Teils. (Stern - de)

3, prop 55, cor 1 - Questo sentimento di Tristezza è moltissimo favorito se ci s'immagina biasimati da altri: ciò che si dimostra nella stessa maniera seguita nella Conseg. della Prop. 53 qui sopra. (Peri - it)

3, prop 55, cor 1 - Deze Droefheid wordt steeds heviger, indien men zich voorstelt dat men door anderen wordt gelaakt; hetgeen langs denzelfden weg bewezen wordt als het Gevolg van Stelling LIII van dit Deel. (Suchtelen - nl)

3, prop 55, cor 1 - Esta tristeza es tanto más alentada en la medida en que el alma imagina ser vituperada por otros, lo cual se demuestra del mismo modo que el Corolario de la Proposición 53 de esta Parte. (Peña - es)

3, prop 55, cor 1 - Plus on s'imagine être blâmé par les autres, plus cette Tristesse est favorisée. Cela se démontre comme le Corollaire de la Proposition 53 de cette Partie. (Misrahi - fr)

utilizado por : 4, prop 52, sc 

3, prop 53, cor  - Cette joie est de plus en plus alimentée à mesure que l'homme imagine davantage qu'il est loué par d'autres. Car plus il imagine qu'il est loué par d'autres, plus grande est la Joie dont il imagine que les autres sont affectés par lui, et cela avec l'accompagnement de l'idée de lui-même (Scolie de la Prop. 29) ; et ainsi (Prop. 27) lui-même est affecté d'une Joie plus grande qu'accompagne l'idée de lui-même.

scholium por 3, prop 24, sc   |  3, prop 32, sc   |  3, prop 18  |  2, prop 40, sc 1  |  3, prop 28

Latin | Elwes - en | Stern - de | Peri - it | Suchtelen - nl | Peña - es | Misrahi - fr     infra (1)

3, prop 55, cor 1, sc - Cette tristesse qu'accompagne l'idée de notre faiblesse s'appelle Humilité. La Joie qui naît de la considération de nous, Amour-propre ou Contentement de soi. Et comme elle se renouvelle toutes les fois que l'homme considère ses propres vertus ou sa puissance d'agir, il arrive par là que chacune s'empresse à narrer ses faits et gestes et à étaler les forces tant de son corps que de son esprit et que pour cette cause les hommes sont insupportables les uns aux autres. Et de là encore il suit que les hommes sont de nature envieux (voir Scolie de la Prop. 24 et Scolie de la Prop. 32), c'est-à-dire qu'ils s'épanouissent de la faiblesse de leurs pareils et se contristent de leur vertu. Toutes les fois en effet que l'on imagine ses propres actions, on est affecté de Joie (Prop. 53) et d'autant plus que les actions semblent exprimer plus de perfection et qu'on les imagine plus distinctement ; c'est-à-dire (par ce qui est dit dans le Scolie 1 de la Prop. 40, p. II) qu'on peut davantage les distinguer des autres et les considérer comme des choses singulières. C'est pourquoi on sera épanoui au plus haut point par la considération de soi-même quand on considère en soi quelque chose que l'on nie des autres. Mais, si l'on rapporte à l'idée générale de l'homme ou de l'être vivant ce qu'on affirme de soi, on ne s'épanouira pas autant ; et l'on sera contristé, au contraire, si l'on imagine que ses actions comparées à celles des autres sont plus faibles. On s'efforcera d'ailleurs d'écarter cette Tristesse (Prop. 28), et cela en interprétant faussement les actions de ses pareils ou en ornant les siennes autant qu'on peut. Il apparaît donc que les hommes sont de nature enclins à la Haine et à l'Envie, à quoi s'ajoute encore l'éducation. Car les parents ont accoutumé d'exciter leurs enfants à la vertu par le seul aiguillon de l'honneur et de l'Envie. Il reste cependant peut-être un motif d'hésiter parce qu'il n'est point rare que nous admirions les vertus des hommes et les vénérions eux-mêmes. Pour l'écarter j'ajouterai le corollaire suivant.

3, prop 55, cor 1, sc - Haec tristitia concomitante idea nostrae imbecillitatis humilitas appellatur; laetitia autem quae ex contemplatione nostri oritur, philautia vel acquiescentia in se ipso vocatur. Et quoniam haec toties repetitur quoties homo suas virtutes sive suam agendi potentiam contemplatur, hinc ergo etiam fit ut unusquisque facta sua narrare suique tam corporis quam animi vires ostentare gestiat et ut homines hac de causa sibi invicem molesti sint. Ex quibus iterum sequitur homines natura esse invidos (vide scholium propositionis 24 et scholium propositionis 32 hujus) sive ob suorum aequalium imbecillitatem gaudere et contra propter eorundem virtutem contristari. Nam quoties unusquisque suas actiones imaginatur toties laetitia (per propositionem 53 hujus) afficitur et eo majore quo actiones plus perfectionis exprimere et easdem distinctius imaginatur hoc est (per illa quae in scholio I propositionis 40 partis II dicta sunt) quo magis easdem ab aliis distinguere et ut res singulares contemplari potest. Quare unusquisque ex contemplatione sui tunc maxime gaudebit quando aliquid in se contemplatur quod de reliquis negat. Sed si id quod de se affirmat, ad universalem hominis vel animalis ideam refert, non tantopere gaudebit et contra contristabitur si suas ad aliorum actiones comparatas imbecilliores esse imaginetur, quam quidem tristitiam (per propositionem 28 hujus) amovere conabitur idque suorum aequalium actiones perperam interpretando vel suas quantum potest adornando. Apparet igitur homines natura proclives esse ad odium et invidiam ad quam accedit ipsa educatio. Nam parentes solo honoris et invidiae stimulo liberos ad virtutem concitare solent. Sed scrupulus forsan remanet quod non raro hominum virtutes admiremur eosque veneremur. Hunc ergo ut amoveam sequens addam corollarium.

3, prop 55, cor 1, sc - This pain, accompanied by the idea of our own weakness, is called humility; the pleasure, which springs from the contemplation of ourselves, is called self-love or self-complacency. And inasmuch as this feeling is renewed as often as a man contemplates his own virtues, or his own power of activity, it follows that everyone is fond of narrating his own exploits, and displaying the force both of his body and mind, and also that, for this reason, men are troublesome one to another. Again, it follows that men are naturally envious (III. xxiv. note, and III. xxxii. note), rejoicing in the shortcomings of their equals, and feeling pain at their virtues. For whenever a man conceives his own actions, he is affected with pleasure (III. liii.), in proportion as his actions display more perfection, and he conceives them more distinctly--that is (III. xl. note), in proportion as he can distinguish them from others, and regard them as something special. Therefore, a man will take most pleasure in contemplating himself, when he contemplates some quality which he denies to others. But, if that which he affirms of himself be attributable to the idea of man or animals in general, he will not be so greatly pleased: he will, on the contrary, feel pain, if he conceives that his own actions fall short when compared with those of others. This pain (III. xxviii.) he will endeavour to remove, by putting a wrong construction on the actions of his equals, or by, as far as he can, embellishing his own.
It is thus apparent that men are naturally prone to hatred and envy, which latter is fostered by their education. For parents are accustomed to incite their children to virtue solely by the spur of honour and envy. But, perhaps, some will scruple to assent to what I have said, because we not seldom admire men's virtues, and venerate their possessors. In order to remove such doubts, I append the following corollary. (Elwes - en)

3, prop 55, cor 1, sc - Diese mit der Idee unserer Schwäche verbundene Unlust wird Niedergeschlagenheit genannt. Die Lust dagegen, die aus der Betrachtung unserer selbst entspringt, heißt Selbstliebe oder Selbstzufriedenheit. Und da diese Lust ebensooft wiederkehrt, sooft der Mensch seine Vorzüge oder sein Tätigkeitsvermögen betrachtet, so kommt es folglich auch daher, daß jeder so gerne seine Taten erzählt und sowohl seine körperlichen wie seine geistigen Kräfte an den Tag legt, so daß die Menschen einander damit lästig werden. - Hieraus folgt wiederum, daß die Menschen von Natur mißgünstig sind (s. die Anmerkung zu Lehrsatz 24 und die Anmerkung zu Lehrsatz 32 dieses Teils) oder daß sie sich über die Schwäche ihrer Nebenmenschen freuen, über deren Vorzüge dagegen sich ärgern. Denn sooft jeder sich seine Taten vorstellt, ebensooft wird er von Lust erregt (nach Lehrsatz 53 dieses Teils), und um so mehr, je mehr Vollkommenheit seine Taten nach seiner Vorstellung ausdrücken und je deutlicher er sich dieselben vorstellt, d.h. (nach dem, was in der 1. Anmerkung zu Lehrsatz 40, Teil 2, ausgeführt ist), je mehr er dieselben von andern unterscheiden und als etwas Besonderes betrachten kann. Deshalb wird jeder bei der Betrachtung seiner selbst sich dann am meisten freuen, wenn er etwas an sich betrachtet, was er von andern verneint.Wenn aber das, was er von sich bejaht, zur allgemeinen Idee des Menschen oder der lebendenWesen gehört, so wird er sich nicht so sehr freuen. Umgekehrt wird er Unlust empfinden, wenn er sich vorstellt, daß seine Handlungen im Vergleich mit den Handlungen anderer schwächer sind. Von dieser Unlust wird er sich zwar (nach Lehrsatz 28 dieses Teils) zu befreien suchen, und zwar dadurch, daß er die Handlungen seiner Nebenmenschen mißdeutet oder seine eigenen, soviel er vermag, herausstreicht. Es erhellt demnach, daß die Menschen von Natur zu Haß und Mißgunst geneigt sind. Diese Neigung wird noch durch die Erziehung gefördert. Denn die Eltern pflegen ihre Kinder nur durch den Stachel des Ehrgeizes und des Neids zur Tugend anzueifern. - Vielleicht bleibt aber noch der Einwand, daß wir nicht selten die Tugenden der Menschen bewundern und dieselben hochschätzen. Um diesen Einwand zu beseitigen, will ich noch folgenden Zusatz beifügen. (Stern - de)

3, prop 55, cor 1, sc - Questa Tristezza, accompagnata dall'idea della nostra incapacità, si chiama Senso della propria insufficienza; la Letizia invece che sorge dal nostro considerarci favorevolmente si chiama Amore di sé o Soddisfazione interiore o Autocompiacimento. Questa Letizia si ripete tutte le volte che un umano considera le proprie virtù, ossia la sua potenza d'agire: e questa è la ragione per cui ognuno si premura di narrare le sue gesta e di mettere in mostra tanto la sua energia somatica quanto la sua forza d'animo: col risultato che gli umani s'infastidiscono a vicenda. Per la ragione predetta, anche, accade che gli umani sono per natura invidiosi e malevoli, e godono dell'incapacità dei loro pari mentre si dispiacciono della loro virtù. Tutte le volte, infatti, che qualcuno immagina le proprie azioni prova una Letizia, e una Letizia tanto maggiore quanto maggiore è la perfezione che quelle azioni esprimono e quanto più distintamente egli le immagina: vale a dire, quanto più egli può distinguerle dalle azioni degli altri e considerarle come eventi singolari. Nella considerazione di sé, quindi, ognuno proverà il massimo della gioia quando vedrà in lui stesso qualcosa che non può trovare negli altri: non gioirà tanto, invece, se ciò che egli afferma di se stesso può essere riferito all'idea generale di Uomo o di animale; e addirittura si rattristerà se, confrontando le sue azioni con quelle altrui, dovrà immaginarle più scadenti di queste ultime: e si sforzerà di allontanare questa Tristezza, sia interpretando malamente le azioni degli altri, sia abbellendo quanto è possibile le sue proprie. E' quindi evidente che gli umani sono per natura proclivi all'Odio e all'Invidia, e che a ciò li orienta la stessa educazione: i genitori, infatti, sogliono spronare i figli a farsi una posizione nel mondo col solo pungolo dell'Onore e dell'Invidia. Contro questa affermazione generica si può forse obiettare che non di rado noi realmente ammiriamo le virtù degli umani, e veneriamo alcuni di essi: per rimuovere questa obiezione aggiungerò la Conseguenza qui sotto. (Peri - it)

3, prop 55, cor 1, sc - Deze Droefheid, vergezeld door de voorstelling onzer machteloosheid, wordt Neerslachtigheid geheeten; de Blijheid daarentegen, welke uit de beschouwing van onszelf ontspruit heet Eigenliefde of Tevredenheid met zich zelf [Zelfvoldaanheid]. En aangezien deze laatste zich even dikwijls herhaalt als men zijn deugden of zijn vermogen tot handelen beschouwt, is het gevolg hiervan dat elkeen brandt van begeerte om van zijn eigen daden te verhalen en zoowel zijn Lichaamskracht als zijn geestelijk kunnen ten toon te spreiden, en dat de menschen elkaar om deze reden dan ook tot last zijn. Waaruit wederom volgt dat de menschen elkaar van nature benijden (zie Opmerking St. XXIV en Opmerking St. XXXII v.d. D.), ofwel dat zij zich verheugen over de machteloosheid en daarentegen bedroeven over de flinkheid van huns gelijken. Immers zoo dikwijls zich iemand zijn eigen handelingen voorstelt, zoo dikwijls zal hij zich (vlg. St. LIII v.d. D.) verblijden, en dat wel te meer naarmate hij zich die handelingen duidelijker en als uitdrukking van hooger volmaaktheid voorstelt; d.w.z. (vlg. wat in Opmerking I St. XL D. II betoogd werd) hoe meer hij ze kan beschouwen als bijzondere daden, van andere wèl onderscheiden. Vandaar dat ieder zich bij de beschouwing van zichzelf dàn het meest zal verblijden wanneer hij iets in zichzelf ziet wat hij aan anderen ontzegt. Doch wanneer hij datgene wat hij van zichzelf bevestigt, tot de algemeene voorstelling mensch of dier kan terug brengen, zal hij zich niet in zulk een mate verblijden; en bedroeven zal hij zich daarentegen, als hij zich voorstelt dat zijn daden bij die van anderen vergeleken, onbelangrijker zijn; welke Droefheid hij dan (vlg. St. XXVIII v.d. D.) zal trachten van zich af te zetten, en dat wel door de daden van zijnsgelijken verkeerd uit te leggen en zijn eigene zooveel mogelijk op te sieren. Het blijkt dus wel dat de menschen van nature tot Haat en Nijd overhellen, waartoe hun opvoeding nog het hare bijdraagt. De ouders immers plegen hun kinderen uitsluitend met den prikkel van eerzucht en naijver tot deugd aan te sporen. Doch misschien zal men hier tegenwerpen dat wij toch niet zelden de deugden van menschen bewonderen en henzelf vereeren. Om deze bedenking uit den weg te ruimen zal ik het onderstaande Gevolg hier aan toe voegen. (Suchtelen - nl)

3, prop 55, cor 1, sc - Esa tristeza acompañada de la idea de nuestra debilidad se llama humildad; y la alegría que surge de la consideración de nosotros mismos se llama amor propio o contento de sí mismo. Y como esta alegría se renueva cuantas veces considera el hombre sus virtudes, o sea, su potencia de obrar , de ello resulta que cada cual se apresura a narrar sus gestas, y a hacer ostentación de las fuerzas de su cuerpo y de su ánimo, y por esta causa los hombres son mutuamente enfadosos. De ello se sigue también que los hombres sean por naturaleza envidiosos (ver el Escolio de la Proposición 24 y el Escolio de la Proposición 32 de esta Parte), o sea, que se complazcan en la debilidad de sus iguales, y, al contrario, se entristezcan a causa de su virtud. Pues cada vez que uno imagina sus propias acciones, es afectado de alegría (por la Proposición 53 de esta Parte), y tanto mayor, cuanto mayor perfección piensa que expresan esas acciones, y cuanto más distintamente las imagina, es decir (por lo dicho en el Escolio 1 de la Proposición 40 de la, Parte II), cuanto más pueda distinguirlas de las otras y considerarlas como cosas singulares. Por ello, cada cual, al considerarse a sí mismo, obtendrá la máxima complacencia cuando advierta en sí mismo algo que niega de los demás. Pero si refiere aquello que afirma de sí mismo a la idea universal de "hombre" o "animal", no se complacerá tanto, y, desde luego, se entristecerá si imagina que sus acciones, comparadas con las acciones de otros, son más débiles, cuya tristeza (por la Proposición 28 de esta Parte) se esforzará en rechazar, interpretando torcidamente las acciones de sus iguales, o adornando las suyas todo lo que pueda. Está claro, pues, que los hombres son por naturaleza proclives al odio y la envidia, y a ello contribuye la educación misma. Pues los padres suelen incitar a los hijos a la virtud con el solo estímulo del honor y la envidia. Acaso quede algún motivo de duda, pues no es raro que admiremos las virtudes de los hombres y los veneremos. Para apartar esa posibilidad de duda, añadiré el siguiente Corolario. (Peña - es)

3, prop 55, cor 1, sc - Cette Tristesse accompagnée de l'idée de notre faiblesse s'appelle Humilité ; et la Joie qui naît de la considération de nous-même se nomme Amour de soi ou Satisfaction de soi. Et, parce qu'elle se reproduit chaque fois que l'homme considère ses propres vertus, c'est-à-dire sa puissance d'agir, chacun s'empresse de raconter ses faits et gestes et d'étaler ostensiblement ses forces physiques et morales. C'est pour cette raison, aussi, que les hommes sont envieux par nature (voir le Scolie de la Proposition 24 et le Scolie de la Proposition 32) c'est-à-dire qu'ils se réjouissent de la faiblesse de leurs semblables et s'attristent au contraire de leur vertu. Chaque fois en effet qu'on imagine ses propres actions, on est affecté de Joie (par la Proposition 53), et cela d'autant plus qu'on imagine que ces actions expriment plus de perfection et sont connues plus distinctement, c'est-à-dire (par ce qui est dit dans le Scolie 1 de la Proposition 40, Partie II) qu'on peut davantage les distinguer des autres actions et les considérer comme des réalités singulières. C'est pourquoi l'on se réjouit au maximum de la considération de soi-même lorsqu'on observe en soi quelque chose que l'on nie d'autrui. On ne se réjouira pas autant si ce qu'on affirme de soi se rapporte à l'idée générale d'homme ou d'être vivant ; on s'attristera au contraire si l'on imagine que nos actions sont inférieures à celles d'autrui. On s'efforcera d'ailleurs (par la Proposition 28) d'éloigner cette Tristesse en interprétant faussement les actions de ses semblables ou en embellissant les siennes autant qu'on le peut. Il apparaît donc que les hommes sont enclins par nature à la Haine et à l'Envie, à la nature s'ajoutant d'ailleurs l'éducation. Les parents, en effet, incitent ordinairement leurs enfants à la vertu par le seul stimulant de l'honneur et de l'Envie. Peut-être reste-t-il une objection à faire, car il n'est pas rare que nous admirions les vertus des hommes, et que nous les vénérions. Pour l'écarter, j'ajouterai le Corollaire suivant. (Misrahi - fr)

utilizado por : 3, aff def 27, expl

3, prop 24, sc  - Ces affections de Haine et celles qui leur ressemblent, se ramènent à l'Envie, qui n'est donc rien d'autre que la Haine même, en tant qu'on la considère comme disposant un homme à s'épanouir du mal d'autrui, et à se contrister de son bien.

3, prop 32, sc  - Nous voyons ainsi qu'en vertu de la disposition de leur nature les hommes sont généralement prêts à avoir de la commisération pour ceux qui sont malheureux et à envier ceux qui sont heureux, et que leur haine pour ces derniers est (Prop. préc.) d'autant plus grande qu'ils aiment davantage ce qu'ils imaginent dans la possession d'un autre. Nous voyons, en outre, que la même propriété de la nature humaine d'où suit qu'ils sont miséricordieux, fait aussi qu'ils sont envieux et ambitieux. Enfin, si nous voulions consulter l'expérience, nous éprouverions qu'elle nous enseigne tout cela, surtout si nous avions égard à nos premières années. L'expérience nous montre en effet que les enfants, dont le corps est continuellement comme en équilibre, rient ou pleurent par cela seul qu'ils voient d'autres personnes rire ou pleurer, tout ce qu'ils voient faire par autrui ils désirent aussitôt l'imiter, et ils désirent enfin tout ce à quoi ils imaginent que d'autres prennent plaisir ; c'est qu'en effet, nous l'avons dit, les images des choses sont les affections mêmes du Corps humain, c'est-à-dire les manières dont ce Corps est affecté par les causes extérieures et disposé à faire ceci ou cela.

3, prop 18 - L'homme éprouve par l'image d'une chose passée ou future la même affection de Joie ou de Tristesse que par l'image d'une chose présente.

2, prop 40, sc 1 - J'ai expliqué par ce qui précède la cause des Notions appelées Communes et qui sont les principes de notre raisonnement. Mais il y a d'autres causes de certains axiomes ou de certaines notions communes qu'il importerait d'expliquer par cette méthode que nous suivons ; on établirait ainsi quelles notions sont utiles par-dessus les autres, et quelles ne sont presque d'aucun usage ; quelles, en outre, sont communes et quelles claires et distinctes pour ceux-là seulement qui sont libres de préjugés ; quelles, enfin, sont mal fondées. On établirait, de plus, d'où les notions appelées Secondes, et conséquemment les axiomes qui se fondent sur elles, tirent leur origine, ainsi que d'autres vérités ayant trait à ces choses, que la réflexion m'a jadis fait apercevoir. Comme, toutefois, j'ai réservé ces observations pour un autre Traité, et aussi pour ne pas causer d'ennui par une prolixité excessive sur ce sujet, j'ai résolu ici de surseoir à cette exposition. Afin néanmoins de ne rien omettre qu'il ne soit nécessaire de savoir, j'ajouterai quelques mots sur les causes d'où sont provenus les termes appelés Transcendantaux, tels que Être, Chose, Quelque chose. Ces termes naissent de ce que le Corps humain, étant limité, est capable seulement de former distinctement en lui-même un certain nombre d'images à la fois (j'ai expliqué ce qu'est l'image dans le Scolie de la Prop. 17) ; si ce nombre est dépassé, ces images commencent à se confondre ; et, si le nombre des images distinctes, que le Corps est capable de former à la fois en lui-même, est dépassé de beaucoup, toutes se confondront entièrement entre elles. Puisqu'il en est ainsi, il est évident, par le Corollaire de la Proposition 17 et par la Proposition 18, que l'Âme humaine pourra imaginer distinctement à la fois autant de corps qu'il y a d'images pouvant être formées à la fois dans son propre Corps. Mais sitôt que les images se confondent entièrement dans le Corps, l'Âme aussi imaginera tous les corps confusément, sans nulle distinction, et les comprendra en quelque sorte sous un même attribut, à savoir sous l'attribut de l'Être, de la Chose, etc. Cela peut aussi provenir de ce que les images ne sont pas toujours également vives, et d'autres causes semblables, qu'il n'est pas besoin d'expliquer ici, car, pour le but que nous nous proposons, il suffit d'en considérer une seule. Toutes en effet reviennent à ceci que ces termes signifient des idées au plus haut degré confuses. De causes semblables sont nées aussi ces notions que l'on nomme Générales, telles : Homme, Cheval, Chien, etc., à savoir, parce que tant d'images, disons par exemple d'hommes, sont formées à la fois dans le Corps humain, que sa puissance d'imaginer se trouve dépassée ; elle ne l'est pas complètement à la vérité, mais assez pour que l'Âme ne puisse imaginer ni les petites différences singulières (telles la couleur, la taille de chacun), ni le nombre déterminé des êtres singuliers, et imagine distinctement cela seul en quoi tous conviennent, en tant qu'ils affectent le Corps. C'est de la manière correspondante en effet que le Corps a été affecté le plus fortement, l'ayant été par chaque être singulier, c'est cela que l'Âme exprime par le nom d'homme, et qu'elle affirme d'une infinité d'êtres singuliers. Car, nous l'avons dit, elle ne peut imaginer le nombre déterminé des êtres singuliers. Mais on doit noter que ces notions ne sont pas formées par tous de la même manière ; elles varient en chacun corrélativement avec la chose par laquelle le Corps a été plus souvent affecté et que l'Âme imagine ou se rappelle le plus aisément. Ceux qui, par exemple, ont plus souvent considéré avec étonnement la stature des hommes, entendront sous le nom d'homme un animal de stature droite ; pour ceux qui ont accoutumé de considérer autre chose, ils formeront des hommes une autre image commune, savoir : l'homme est un animal doué du rire ; un animal à deux pieds sans plumes ; un animal raisonnable ; et ainsi pour les autres objets, chacun formera, suivant la disposition de son corps, des images générales des choses. Il n'est donc pas étonnant qu'entre les Philosophes qui ont voulu expliquer les choses naturelles par les seules images des choses, tant de controverses se soient élevées.

3, prop 28 - Tout ce que nous imaginons qui mène à la Joie, nous nous efforçons d'en procurer la venue ; tout ce que nous imaginons qui lui est contraire ou mène à la Tristesse, nous nous efforçons de l'écarter ou de le détruire.

corollarium 2

Latin | Elwes - en | Stern - de | Peri - it | Suchtelen - nl | Peña - es | Misrahi - fr

3, prop 55, cor 2 - Nul ne porte envie pour sa vertu à un autre qu'à un pareil.

3, prop 55, cor 2 - Nemo virtutem alicui nisi aequali invidet.

3, prop 55, cor 2 - No one envies the virtue of anyone who is not his equal. (Elwes - en)

3, prop 55, cor 2 - Der Mensch beneidet nur seinesgleichen um einen Vorzug. (Stern - de)

3, prop 55, cor 2 - Nessuno invidia la virtù di un altro che non gli sia eguale. (Peri - it)

3, prop 55, cor 2 - Niemand benijdt een ander om diens voortreffelijkheid, dan alleen zijns gelijke. (Suchtelen - nl)

3, prop 55, cor 2 - Nadie envidia por su virtud a alguien que no sea su igual. (Peña - es)

3, prop 55, cor 2 - Personne n'envie la vertu d'un autre s'il n'est son égal. (Misrahi - fr)

demonstratio por 3, prop 24  |  3, prop 13  |  3, prop 11, sc   |  3, prop 9, sc 

Latin | Elwes - en | Stern - de | Peri - it | Suchtelen - nl | Peña - es | Misrahi - fr

3, prop 55, cor 2, demo - L'Envie est la Haine elle-même (Scolie de la Prop. 24), c'est-à-dire une Tristesse (Scolie de la Prop. 13), en d'autres termes (Scolie de la Prop. 11) une Affection par laquelle la puissance d'agir d'un homme ou son effort est réduit. Mais l'homme (Scolie de la Prop. 9) ne s'efforce vers une action et ne désire la faire que si elle peut suivre de sa nature telle qu'elle est donnée ; donc l'homme ne désirera pas qu'aucune puissance d'agir ou (ce qui revient au même) qu'aucune vertu soit affirmée de lui, si elle appartient en propre à la nature d'un autre et est étrangère à la sienne ; et ainsi son Désir ne peut être réduit, c'est-à-dire (Scolie de la Prop. 11) qu'il ne peut être contristé parce qu'il considère quelque vertu dans un être dissemblable, et conséquemment il ne peut lui porter envie. Mais il portera envie à son pareil qui est supposé de même nature que lui. C.Q.F.D.

3, prop 55, cor 2, demo - Invidia est ipsum odium (vide scholium propositionis 24 hujus) sive (per scholium propositionis 13 hujus) tristitia hoc est (per scholium propositionis 11 hujus) affectio qua hominis agendi potentia seu conatus coercetur. At homo (per scholium propositionis 9 hujus) nihil agere conatur neque cupit nisi quod ex data sua natura sequi potest; ergo homo nullam de se agendi potentiam seu (quod idem est) virtutem praedicari cupiet quae naturae alterius est propria et suae aliena adeoque ejus cupiditas coerceri hoc est (per scholium propositionis 11 hujus) ipse contristari nequit ex eo quod aliquam virtutem in aliquo ipsi dissimili contemplatur et consequenter neque ei invidere poterit. At quidem suo aequali qui cum ipso ejusdem naturae supponitur. Q.E.D.

3, prop 55, cor 2, demo - Envy is a species of hatred (III. xxiv. note) or (III. xiii. note) pain, that is (III. xi. note), a modification whereby a man's power of activity, or endeavour towards activity, is checked. But a man does not endeavour or desire to do anything, which cannot follow from his nature as it is given; therefore a man will not desire any power of activity or virtue (which is the same thing) to be attributed to him, that is appropriate to another's nature and foreign to his own ; hence his desire cannot be checked, nor he himself pained by the contemplation of virtue in some one unlike himself, consequently he cannot envy such an one. But he can envy his equal, who is assumed to have the same nature as himself. Q.E.D (Elwes - en)

3, prop 55, cor 2, demo - Der Neid ist Haß (s. Anmerkung zu Lehrsatz 24 dieses Teils) oder (nach Anmerkung zu Lehrsatz 13 dieses Teils) Unlust, d.h. (nach Anmerkung zu Lehrsatz 11 dieses Teils) eine Erregung, durch welche das Tätigkeitsvermögen des Menschen oder sein Bestreben gehemmt wird. Der Mensch aber strebt oder begehrt nichts zu tun, als was aus seiner gegebenen Natur erfolgen kann (nach Anmerkung zu Lehrsatz 9 dieses Teils). Also wird der Mensch nicht begehren, daß ihm ein Tätigkeitsvermögen oder (was dasselbe ist) eine Tugend beigelegt werde, welche der Natur eines andern eigentümlich und der seinigen fremd ist. Es kann folglich ein Begehren nicht deshalb eingeschränkt werden, d.h. (nach Anmerkung zu Lehrsatz 11 dieses Teils), er kann nicht deshalb Unlust empfinden, weil er an jemand, der nicht seinesgleichen ist, einen Vorzug bemerkt, und folglich wird er ihn nicht darum beneiden können; wohl aber seinesgleichen, bei dem er eine der seinen gleiche Natur voraussetzt. - W.z.b.w. (Stern - de)

3, prop 55, cor 2, demo - L'Invidia (o Malevolenza) è l'Odio stesso, ossia una Tristezza, cioè un'affezione dalla quale la potenza d'agire o lo sforzo di un umano è contrastata. Ma un Uomo non si sforza né desidera di fare se non ciò che può derivare dalla sua specifica natura:. dunque un Uomo non desidererà che gli si riconosca alcuna potenza d'agire (o alcuna virtù, che è lo stesso) che sia propria della natura di un altro ed estranea alla sua; e quindi l'umano in parola non sentirà contrastata la sua Cupidità, né pertanto egli si rattristerà, quando consideri una qualche virtù in qualcuno dissimile da lui; e, di conseguenza, nemmeno invidierà a quel qualcuno la sua virtù. Ma invidierà la medesima virtù in un suo eguale, che si suppone avere la stessa sua natura. (P. III, Chiarim. d. Prop. 9; Chiarim. d. Prop. 11; Chiarim. d. Prop. 13; Chiarim. d. Prop. 24). (Peri - it)

3, prop 55, cor 2, demo - Nijd is Haat (zie Opmerking St. XXIV v.d. D.), of (vlg. Opmerking St. XIII v.d. D.) Droefheid, d.w.z. (vlg. Opmerking St. XI v.d. D.) een aandoening waardoor 's menschen vermogen of streven om te handelen wordt belemmerd. Maar de mensch streeft (vlg. Opmerking St. IX v.d. D.) noch begeert iets anders te doen dan wat uit zijn gegeven aard kan voortvloeien en daarom zal hij niet begeeren dat hem eenig vermogen tot handelen of (wat hetzelfde is) eenige deugd, worde toegeschreven, welke tot eens anders aard behoort, doch hemzelf vreemd is. Derhalve kan ook zijn eigen begeerte niet belemmerd worden door, d.w.z. (vlg. Opmerking St. XI v.d. D.) kan hij zich niet bedroeven over het feit dat hij een of andere deugd bij een ander, die niet zijns gelijke is, waarneemt, en bijgevolg zal hij dien ander ook niet kunnen benijden. Wel echter zijns gelijke, van wien ondersteld wordt dat hij denzelfden aard heeft. H.t.b.w. (Suchtelen - nl)

3, prop 55, cor 2, demo - La envidia es el odio mismo (ver el Escolio de la Proposición 24 de esta Parte), o sea (por el Escolio de la Proposición 13 de esta Parte), una tristeza, esto es (por el Escolio de la Proposición 11 de esta Parte), una afección que reprime el esfuerzo del hombre, o sea, su potencia de obrar. Ahora bien, el hombre (por el Escolio de la Proposición 9 de esta Parte) no se esfuerza en hacer ni desea hacer sino lo que puede seguirse de su naturaleza tal como está dada; luego el hombre no deseará predicar de sí mismo ninguna potencia de obrar o, lo que es lo mismo, ninguna virtud, que sea propia de la naturaleza de otro y ajena a la suya, y, por tanto, su deseo no puede ser reprimido, esto es (por el Escolio de la Proposición 11 de esta Parte), no puede entristecerse, por el hecho de reconocer alguna virtud en otro que sea distinto a él, y, por consiguiente, tampoco puede envidiarlo. Pero sí envidiará a su igual, cuya naturaleza supone ser la misma que la suya. Q.E.D. (Peña - es)

3, prop 55, cor 2, demo - L'Envie est la Haine elle-même (voir le Scolie de la Proposition 24), c'est-à-dire (par le Scolie de la proposition 13) une Tristesse, c'est-à-dire (par le Scolie de la proposition 11) une affection par laquelle est réprimée la puissance d'agir de l'homme, ou son effort. Mais l'homme (par le Scolie de la Proposition 9) ne s'efforce d'accomplir et ne désire rien qui ne puisse découler de sa nature telle qu'elle est donnée. C'est pourquoi l'homme ne désirera affirmer de lui-même aucune puissance d'agir, ou (ce qui est identique) aucune vertu qui serait le propre de la nature d'un autre et étrangère à la sienne. C'est pourquoi son Désir ne peut être réprimé, c'est-à-dire (par le Scolie de la Proposition 11) que lui-même ne peut être attristé par le fait d'observer quelque vertu chez un être dissemblable, et ne peut par conséquent l'envier. Mais il enviera son égal dont la nature est supposée semblable à la sienne. C.Q.F.D. (Misrahi - fr)

3, prop 24 - Si nous imaginons que quelqu'un affecte de Joie une chose que nous avons en haine, nous serons affectés de Haine à son égard. Si, au contraire, nous imaginons qu'il l'affecte de Tristesse, nous serons affectés d'Amour à son égard.

3, prop 13 - Quand l'âme imagine ce qui diminue ou réduit la puissance d'agir du Corps, elle s'efforce, autant qu'elle peut, de se souvenir de choses qui excluent l'existence de ce qu'elle imagine.

3, prop 11, sc  - Nous avons donc vu que l'Âme est sujette quand elle est passive, à de grands changements et passe tantôt à une perfection plus grande, tantôt à une moindre ; et ces passions nous expliquent les affections de la Joie et de la Tristesse. Par Joie j'entendrai donc, par la suite, une passion par laquelle l'Âme passe à une perfection plus grande. Par Tristesse, une passion par laquelle elle passe à une perfection moindre. J'appelle, en outre, l'affection de la Joie, rapportée à la fois à l'Âme et au Corps, Chatouillement ou Gaieté ; celle de la Tristesse, Douleur ou Mélancolie. Il faut noter toutefois que le Chatouillement et la Douleur se rapportent à l'homme, quand une partie de lui est affectée plus que les autres, la Gaieté et la Mélancolie, quand toutes les parties sont également affectées. Pour le Désir j'ai expliqué ce que c'est dans le Scolie de la Proposition 9, et je ne reconnais aucune affection primitive outre ces trois : je montrerai par la suite que les autres naissent de ces trois. Avant de poursuivre, toutefois, il me paraît bon d'expliquer ici plus amplement la Proposition 10 de cette Partie, afin que l'on connaisse mieux en quelle condition une idée est contraire à une autre.
Dans le Scolie de la Proposition 17, Partie II, nous avons montré que l'idée constituant l'essence de l'Âme enveloppe l'existence du Corps aussi longtemps que le Corps existe. De plus, de ce que nous avons fait voir dans le Corollaire et dans le Scolie de la Proposition 8, Partie II, il suit que l'existence présente de notre Âme dépend de cela seul, à savoir de ce que l'Âme enveloppe l'existence actuelle du Corps. Nous avons montré enfin que la puissance de l'Âme par laquelle elle imagine les choses et s'en souvient, dépend de cela aussi (Prop. 17 et 18, p. II, avec son Scolie) qu'elle enveloppe l'existence actuelle du Corps. D'où il suit que l'existence présente de l'Âme et sa puissance d'imaginer sont ôtées, sitôt que l'Âme cesse d'affirmer l'existence présente du Corps. Mais la cause pour quoi l'Âme cesse d'affirmer cette existence du Corps, ne peut être l'Âme elle-même (Prop. 4) et n'est pas non plus que le Corps cesse d'exister. Car (Prop. 6, p.II) la cause pour quoi l'Âme affirme l'existence du Corps, n'est pas que le Corps a commencé d'exister ; donc, pour la même raison, elle ne cesse pas d'affirmer l'existence du Corps parce que le Corps cesse d'être ; mais (Prop. 8, p. II) cela provient d'une autre idée qui exclut l'existence présente de notre Corps et, conséquemment, celle de notre Âme et qui est, par suite, contraire à l'idée constituant l'essence de notre Âme.

3, prop 9, sc  - Cet effort, quand il se rapporte à l'Âme seule, est appelé Volonté ; mais, quand il se rapporte à la fois à l'Âme et au Corps, est appelé Appétit ; l'appétit n'est par là rien d'autre que l'essence même de l'homme, de la nature de laquelle suit nécessairement ce qui sert à sa conservation ; et l'homme est ainsi déterminé à le faire. De plus, il n'y a nulle différence entre l'Appétit et le Désir, sinon que le Désir se rapporte généralement aux hommes, en tant qu'ils ont conscience de leurs appétits et peut, pour cette raison, se définir ainsi : le Désir est l'Appétit avec conscience de lui-même. Il est donc établi par tout cela que nous ne nous efforçons à rien, ne voulons, n'appétons ni ne désirons aucune chose, parce que nous la jugeons bonne ; mais, au contraire, nous jugeons qu'une chose est bonne parce que nous nous efforçons vers elle, la voulons, appétons et désirons.

scholium por 3, prop 52, sc   |  3, prop 55

Latin | Elwes - en | Stern - de | Peri - it | Suchtelen - nl | Peña - es | Misrahi - fr

3, prop 55, cor 2, sc - Puis donc que nous vénérons un homme, disions-nous plus haut dans le Scolie de la Proposition 52, parce que nous voyons avec étonnement sa prudence, son courage, etc., cela a lieu (comme le montre la Prop. préc.) parce que nous imaginons que ces vertus lui appartiennent de façon singulière et n'en faisons pas des manières d'être communes de notre nature ; et de la sorte nous ne les lui envions pas plus qu'aux arbres la hauteur et aux lions le courage, etc.

3, prop 55, cor 2, sc - Cum igitur supra in scholio propositionis 52 hujus partis dixerimus nos hominem venerari ex eo quod ipsius prudentiam, fortitudinem etc. admiramur, id fit (ut ex ipsa propositione patet) quia has virtutes ei singulariter inesse et non ut nostrae naturae communes imaginamur adeoque easdem ipsi non magis invidebimus quam arboribus altitudinem et leonibus fortitudinem etc.

3, prop 55, cor 2, sc - When, therefore, as we said in the note to III. lii., we venerate a man, through wonder at his prudence, fortitude, &c., we do so, because we conceive those qualities to be peculiar to him, and not as common to our nature; we, therefore, no more envy their possessor, than we envy trees for being tall, or lions for being courageous. (Elwes - en)

3, prop 55, cor 2, sc - Wenn ich also oben, in der Anmerkung zu Lehrsatz 52 dieses Teils, gesagt habe, daß wir einen Menschen deshalb hochachten, weil wir seine Klugheit, Tapferkeit usw. bewundern, so kommt dies daher (wie aus dem Lehrsatz selbst erhellt), weil wir uns vorstellen, daß diese Tugenden ihm eigentümlich und nicht gemeinsame Eigenschaften der Menschennatur sind. Daher werden wir ihn um dieselbe ebensowenig beneiden wie die Bäume um ihre Höhe, die Löwen um ihre Stärke usw. (Stern - de)

3, prop 55, cor 2, sc - Quando ho detto, nel Chiarimento della Prop. 52 qui sopra, che noi veneriamo un determinato umano perché abbiamo ammirazione del suo senno, della sua fortezza, eccetera, intendevo perciò che la cosa vada presa nel senso (come appare nella stessa Proposizione) che noi immaginiamo quelle virtù come appartenenti a lui in modo singolare, e non come comuni alla sua e alla nostra natura; e pertanto noi non gliele invidiamo più di quanto invidiamo agli alberi l'altezza, ai leoni la forza, eccetera. (Peri - it)

3, prop 55, cor 2, sc - Wanneer wij dus hierboven in de Opmerking bij Stelling LII van dit Deel zeiden, dat wij iemand vereeren omdat wij zijn verstand, moed enz. bewonderen, dan komt dit (gelijk uit de stelling zelf blijkt) doordat wij ons deze deugden als hèm in het bijzonder eigen en niet als aan onzen aard gemeen voorstellen; zoodat wij ze hem evenmin benijden als een boom zijn hoogte, een leeuw zijn kracht enz. (Suchtelen - nl)

3, prop 55, cor 2, sc - Así pues, cuando hemos dicho más arriba, en el Escolio de la Proposición 52 de esta Parte, que nosotros veneramos a un hombre porque nos asombramos de su prudencia, su fuerza, etc., ello sucede (como es evidente por la misma Proposición) porque imaginamos que dichas virtudes están en él de un modo singular, y no como algo común a nuestra naturaleza, y, por ello, no se las envidiaremos más de lo que envidiamos a los árboles su altura, a los leones su fuerza, etc. (Peña - es)

3, prop 55, cor 2, sc - Si, comme nous l'avons dit au Scolie de la Proposition 52 de cette Partie, nous vénérons un homme parce que nous admirons sa prudence, son courage, etc., c'est que (selon une évidence tirée de la proposition précédente) ces vertus lui appartiennent de façon singulière, et ne sont pas imaginées comme des manières d'être communes à notre nature. C'est pourquoi nous ne les envions pas plus qu'aux arbres la hauteur et aux lions le courage, etc. (Misrahi - fr)

3, prop 52, sc  - Cette affection de l'Âme ou cette imagination d'une chose singulière, en tant qu'elle se trouve seule dans l'Âme, est appelée Étonnement ; si elle est provoquée par un objet dont nous avons peur, elle est dite Consternation, parce que l'Étonnement d'un mal tient l'homme à ce point en suspens dans la seule considération de ce mal qu'il est incapable de penser à d'autres objets, par où il pourrait éviter ce mal. Mais, si ce qui nous étonne est la prudence d'un homme, son industrie ou quelque autre chose de ce genre, comme par cela même nous considérons cet homme comme l'emportant de beaucoup sur nous, alors l'Étonnement se nomme Vénération, et Horreur si c'est la colère d'un homme, son envie, etc., qui nous étonne. Ensuite, si nous sommes étonnés de la prudence, de l'industrie, etc., d'un homme que nous aimons, notre Amour par cela même (Prop. 12) sera plus grand, et nous appelons Ferveur cet Amour joint à l'Étonnement ou à la Vénération. Nous pouvons aussi concevoir de cette manière la Haine, l'Espoir, la Sécurité et d'autres affections se joignant à l'Étonnement et nous pourrons déduire ainsi plus d'Affections qu'on n'a coutume d'en désigner par les mots reçus. D'où il apparaît que l'usage ordinaire des Affections plus que leur connaissance attentive a fait inventer ces noms.
A l'Étonnement s'oppose le Mépris dont la cause est toutefois généralement la suivante : nous voyons que quelqu'un s'étonne d'une chose, l'aime, la craint, etc., ou encore une chose paraît au premier aspect semblable à celles dont nous nous étonnons, que nous aimons, craignons, etc., et nous sommes ainsi déterminés (Prop. 15 avec son Coroll. et Prop. 27) à nous étonner de cette chose, à l'aimer, la craindre ; mais, si par sa présence ou sa considération plus attentive nous sommes contraints de nier d'elle tout ce qui peut être cause d'Étonnement, d'Amour, de Crainte, etc., alors l'Âme demeure déterminée par la présence même de la chose à penser à ce qui n'est pas dans l'objet plutôt qu'à ce qui s'y trouve, tandis qu'au contraire la présence d'un objet fait penser d'ordinaire principalement à ce qui s'y trouve. De même maintenant que la Ferveur naît de l'Étonnement causé par une chose que nous aimons, la Dérision naît du Mépris de la chose que nous haïssons ou craignons, et le Dédain du Mépris de la sottise, comme la Vénération, naît de l'Étonnement de la prudence. Nous pouvons enfin concevoir l'Amour, l'Espoir, la Gloire et d'autres Affections se joignant au Mépris et déduire encore de là de nouvelles Affections que nous n'avons accoutumé de distinguer des autres par aucun vocable.

3, prop 55 - Quand l'Âme imagine son impuissance, elle est contristée par cela même.

utilizado por : 3, prop 55, cor 2, sc  |  3, aff def 27, expl  |  4, prop 53, demo   |  4, prop 54, demo 

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