EthicaDB •   Publication hypertextuelle et multi-versions de l'Ethique de Spinoza

propositio 19

Pars 4, prop 19
Latin | Appuhn - fr | Elwes - en | Stern - de | Peri - it | Suchtelen - nl | Peña - es | Pautrat - fr     infra (5)  |  haut ^

Chacun par les lois de sa nature, poursuit ou repousse nécessairement ce qu’il juge être un bien ou un mal.

Id unusquisque ex legibus suae naturae necessario appetit vel aversatur quod bonum vel malum esse judicat.

Id unusquisque ex legibus suae naturae necessario appetit vel aversatur quod bonum vel malum esse judicat.

Chacun appète ou a en aversion nécessairement par les lois de sa nature ce qu'il juge être bon ou mauvais. (Appuhn - fr)

Every man, by the laws of his nature, necessarily desires or shrinks from that which he deems to be good or bad. (Elwes - en)

Jeder verlangt oder verschmäht nach den Gesetzen seiner Natur notwendig das, was er für gut oder für schlecht hält. (Stern - de)

Ciascuno, per le leggi della sua natura, desidera o rifiuta necessariamente ciò che egli giudica essere bene o male (o anche buono o cattivo). (Peri - it)

Ieder begeert of verfoeit krachtens de wetten van zijn aard noodzakelijk datgene, wat hij voor goed of kwaad houdt. (Suchtelen - nl)

Cada cual apetece o aborrece necesariamente, en virtud de las leyes de su naturaleza, lo que juzga bueno o malo. (Peña - es)

Chacun d'après les lois de sa nature nécessairement aspire à, ou a de l'aversion pour, ce qu'il juge être bien ou mal. (Pautrat - fr)

demonstratio par 4, prop 8  |  3, prop 28  |  3, prop 9, sc 

Latin | Appuhn - fr | Elwes - en | Stern - de | Peri - it | Suchtelen - nl | Peña - es

4, prop 19, demo  - La connaissance du bien ou du mal est (par la Proposition 8) l’affect même de Joie ou de Tristesse en tant que nous en sommes conscients. Par suite (par la Proposition 28, Partie III) chacun poursuit nécessairement ce qu’il juge être un bien et repousse au contraire ce qu’il juge être un mal. Mais cet appétit n’est rien d’autre que l’essence même de l’homme ou sa nature (par la Définition de l’Appétit, qu’on verra au Scolie de la Proposition 9, Partie III, et à la Définition 1 des Affects). Ainsi, chacun, par les lois de sa nature, poursuit ou repousse nécessairement, etc. C.Q.F.D.

4, prop 19, demo  - Boni et mali cognitio est (per propositionem 8 hujus) ipse laetitiae vel tristitiae affectus quatenus ejusdem sumus conscii ac proinde (per propositionem 28 partis III) id unusquisque necessario appetit quod bonum et contra id aversatur quod malum esse judicat. Sed hic appetitus nihil aliud est quam ipsa hominis essentia seu natura (per definitionem appetitus, quam vide in scholio propositionis 9 partis III et 1 affectuum definitionem). Ergo unusquisque ex solis suae naturae legibus id necessario appetit vel aversatur etc. Q.E.D.

4, prop 19, demo  - La connaissance du bon et du mauvais est (Prop. 8) l'affection même de la Joie ou de la Tristesse, en tant que nous en avons conscience ; et par suite (Prop. 28, p. III) chacun appète nécessairement ce qu'il juge être bon et a au contraire en aversion ce qu'il juge être mauvais. Mais cet appétit n'est rien d'autre que l'essence même ou la nature de l'homme (Déf. de l'Appétit dans le Scolie de la Prop. 9, p. III, et Déf. 1 des Affections). Chacun donc, par les seules lois de sa nature, appète ou a en aversion nécessairement, etc. C.Q.F.D. (Appuhn - fr)

4, prop 19, demo  - The knowledge of good and evil is (IV. viii.) the emotion of pleasure or pain, in so far as we are conscious thereof; therefore, every man necessarily desires what he thinks good, and shrinks from what he thinks bad. Now this appetite is nothing else hut man's nature or essence (cf. the Definition of Appetite, III. ix. note, and Def. of the Emotions, i.). Therefore, every man, solely by the laws of his nature, desires the one, and shrinks from the other, &c. Q.E.D. (Elwes - en)

4, prop 19, demo  - Die Erkenntnis des Guten und Schlechten ist (nach Lehrsatz 8 dieses Teils) der Lust- oder Unlustaffekt selbst, sofern wir uns desselben bewußt sind. Daher (nach Lehrsatz 28, Teil 3) verlangt jeder notwendig das, was er für gut hält, und verschmäht das, was er für schlecht hält. Dieses Verlangen aber ist nichts anderes als des MenschenWesen oder Natur selbst (nach der Definition des Verlangens, s. diese in der Anmerkung zu Lehrsatz 9, Teil 3, und in der Definition der Affekte, Ziffer I). Folglich verlangt oder verschmäht jeder nach den bloßen Gesetzen seiner Natur notwendig das usw. -W.z.b.w. (Stern - de)

4, prop 19, demo  - La conoscenza del bene e del male è lo stesso sentimento di Letizia o di Tristezza in quanto ne siamo consapevoli; ragion per cui ciascuno, necessariamente, appetisce (o desìdera) ciò che egli giudica bene, o buono, e avversa (o rifiuta) ciò che egli giudica male, o cattivo. Ma questo appetito non è altro che la stessa essenza, o natura, dell'Uomo: e dunque ciascuno, per le sole leggi della sua natura, appetisce od avversa necessariamente ciò che egli giudica essere bene o male. (P. III, Chiarim. d. Prop. 9; Prop. 28; Def. dei Sentim., 1; P. IV, Prop. 8). (Peri - it)

4, prop 19, demo  - De kennis van goed en kwaad is (vlg. St. VIII v.d. D.) een aandoening van Blijheid of Droefheid, voorzoover wij ons daarvan bewust zijn; vandaar dat ieder noodzakelijk begeert wat hij voor goed en daarentegen verfoeit wat hij voor kwaad houdt. Doch deze begeerte is niets anders dan 's menschen wezen of aard zelf (vlg. Definitie der Begeerte, zie Opmerking St. IX D. III en Definitie I der Aand.). Derhalve begeert of verfoeit een ieder alleen reeds krachtens de wetten van zijn aard noodzakelijk enz. H.t.b.w. (Suchtelen - nl)

4, prop 19, demo  - El conocimiento del bien y del mal es (por la Proposición 8 de esta Parte) el afecto mismo de la alegría o de la tristeza, en cuanto que somos conscientes de él, y, por ende (por la Proposición 28 de la Parte III), cada cual apetece necesariamente lo que juzga bueno, y, al contrario, aborrece necesariamente lo que juzga malo. Ahora bien, este apetito no es otra cosa que la esencia o naturaleza misma del hombre (por la definición del apetito; verla en el Escolio de la Proposición 9 de la Parte III, y la Definición 1 de los afectos). Por consiguiente, cada cual apetece o aborrece necesariamente, en virtud de las solas leyes de su naturaleza, etc. Q.E.D. (Peña - es)

4, prop 8 - La connaissance du bien et du mal n’est rien d’autre qu’un affect de Joie ou de Tristesse, en tant que nous en sommes conscients.

3, prop 28 - Nous nous efforçons de promouvoir l'avènement de tout ce dont nous imaginons que cela conduit à la Joie, mais nous nous efforçons d'éloigner ou de détruire tout ce qui s'y oppose, c'est-à-dire tout ce dont nous imaginons que cela conduit à la Tristesse.

3, prop 9, sc  - Quand on rapporte cet effort à l'Esprit seul, on l'appelle Volonté, mais quand on le rapporte simultanément à l'Esprit et au Corps, on l'appelle Appétit ; et celui-ci n'est rien d'autre que l'essence même de l'homme, essence d'où suivent nécessairement toutes les conduites qui servent sa propre conservation. C'est pourquoi l'homme est nécessairement déterminé à les accomplir. En outre, il n'y a aucune différence entre l'Appétit et le Désir, si ce n'est qu'en général on rapporte le Désir aux hommes en tant qu'ils sont conscients de leur appétit. C'est pourquoi on pourrait le définir ainsi : le Désir est l'Appétit avec la conscience de lui-même. Il ressort donc de tout cela que nous ne nous efforçons pas vers quelque objet, nous ne le voulons, ne le poursuivons, ni ne le désirons pas parce que nous jugeons qu'il est un bien, mais au contraire nous ne jugeons qu'un objet est un bien que parce que nous nous efforçons vers lui, parce que nous le voulons, le poursuivons et le désirons.

utilisé(e) par : 4, prop 35, demo   |  4, prop 37, demo   |  4, prop 37, sc 2  |  4, prop 46, demo   |  4, prop 59, alit

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