EthicaDB •   Publication hypertextuelle et multi-versions de l'Ethique de Spinoza

scholium 2

Pars 4, prop 37, sc 2
Appuhn - fr | Elwes - en | Stern - de | Peri - it | Suchtelen - nl | Peña - es | Misrahi - fr     infra (4)  |  haut ^

In appendice partis primae explicare promisi quid laus et vituperium, quid meritum et peccatum, quid justum et injustum sit. Laudem et vituperium quod attinet, in scholio propositionis 29 partis III explicui; de reliquis autem hic jam erit dicendi locus. Sed prius pauca de statu hominis naturali et civili dicenda sunt.
Existit unusquisque summo naturæ jure et consequenter summo naturæ jure unusquisque ea agit quæ ex suæ naturæ necessitate sequuntur atque adeo summo naturæ jure unusquisque judicat quid bonum, quid malum sit suæque utilitati ex suo ingenio consulit (vide propositiones 19 (...)
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In appendice partis primae explicare promisi quid laus et vituperium, quid meritum et peccatum, quid justum et injustum sit. Laudem et vituperium quod attinet, in scholio propositionis 29 partis III explicui; de reliquis autem hic jam erit dicendi locus. Sed prius pauca de statu hominis naturali et civili dicenda sunt.
Existit unusquisque summo naturæ jure et consequenter summo naturæ jure unusquisque ea agit quæ ex suæ naturæ necessitate sequuntur atque adeo summo naturæ jure unusquisque judicat quid bonum, quid malum sit suæque utilitati ex suo ingenio consulit (vide propositiones 19 et 20 hujus) seseque vindicat (vide corollarium II propositionis 40 partis III) et id quod amat, conservare et id quod odio habet, destruere conatur (vide propositionem 28 partis III). Quod si homines ex ductu rationis viverent, potiretur unusquisque (per corollarium I propositionis 35 hujus) hoc suo jure absque ullo alterius damno. Sed quia affectibus sunt obnoxii (per corollarium propositionis 4 hujus) qui potentiam seu virtutem humanam longe superant (per propositionem 6 hujus) ideo sæpe diversi trahuntur (per propositionem 33 hujus) atque sibi invicem sunt contrarii (per propositionem 34 hujus) mutuo dum auxilio indigent (per scholium propositionis 35 hujus). Ut igitur homines concorditer vivere et sibi auxilio esse possint, necesse est ut jure suo naturali cedant et se invicem securos reddant se nihil acturos quod possit in alterius damnum cedere. Qua autem ratione hoc fieri possit ut scilicet homines qui affectibus necessario sunt obnoxii (per corollarium propositionis 4 hujus) atque inconstantes et varii (per propositionem 33 hujus) possint se invicem securos reddere et fidem invicem habere, patet ex propositione 7 hujus partis et propositione 39 partis III. Nempe quod nullus affectus coerceri potest nisi affectu fortiore et contrario affectui coercendo et quod unusquisque ab inferendo damno abstinet timore majoris damni. Hac igitur lege societas firmari poterit si modo ipsa sibi vindicet jus quod unusquisque habet sese vindicandi et de bono et malo judicandi quæque adeo potestatem habeat communem vivendi rationem præscribendi legesque ferendi easque non ratione quæ affectus coercere nequit (per scholium propositionis 17 hujus) sed minis firmandi. Hæc autem societas legibus et potestate sese conservandi firmata civitas appellatur et qui ipsius jure defenduntur, cives; ex quibus facile intelligimus nihil in statu naturali dari quod ex omnium consensu bonum aut malum sit quandoquidem unusquisque qui in statu est naturali suæ tantummodo utilitati consulit et ex suo ingenio et quatenus suæ utilitatis tantum habet rationem quid bonum quidve malum sit, decernit et nemini nisi sibi soli obtemperare lege ulla tenetur atque adeo in statu naturali peccatum concipi nequit. At quidem in statu civili ubi et communi consensu decernitur quid bonum quidve malum sit et unusquisque civitati obtemperare tenetur. Est itaque peccatum nihil aliud quam inobedientia quæ propterea solo civitatis jure punitur et contra obedientia civi meritum ducitur quia eo ipso dignus judicatur qui civitatis commodis gaudeat. Deinde in statu naturali nemo ex communi consensu alicujus rei est dominus nec in Natura aliquid datur quod possit dici hujus hominis esse et non illius sed omnia omnium sunt ac proinde in statu naturali nulla potest concipi voluntas unicuique suum tribuendi aut alicui id quod ejus sit eripiendi hoc est in statu naturali nihil fit quod justum aut injustum possit dici; at quidem in statu civili ubi ex communi consensu decernitur quid hujus quidve illius sit. Ex quibus apparet justum et injustum, peccatum et meritum notiones esse extrinsecas, non autem attributa quæ mentis naturam explicent. Sed de his satis.

Dans l'Appendice de la Première Partie, j'ai promis d'expliquer ce qu'est la louange et le blâme, le mérite et le péché, le juste et l'injuste. Sur la louange et le blâme je me suis expliqué dans le Scolie de la Proposition 29, partie III ; sur les autres points il y aura lieu de dire ici quelque chose. Mais auparavant il me faut dire quelques mots sur l'état naturel et l'état civil de l'homme.
Chacun existe par le droit suprême de la Nature, et conséquemment chacun fait par le droit suprême de la Nature ce qui suit de la nécessité de sa propre nature ; et ainsi chacun juge par le droit suprême de la Nature quelle chose est bonne, quelle mauvaise, ou avise à son intérêt suivant sa complexion (Prop. 19 et 20), se venge (Coroll. 2 de la Prop. 40, p. III) et s'efforce de conserver ce qu'il aime, de détruire ce qu'il a en haine (Prop. 28, p. III). Que si les hommes vivaient sous la conduite de la Raison, chacun posséderait le droit qui lui appartient (Coroll. 1 de la Prop. 35), sans aucun dommage pour autrui. Mais comme les hommes sont soumis à des affections (Coroll. de la Prop. 4) qui surpassent de beaucoup leur puissance ou l'humaine vertu (Prop. 6), ils sont traînés en divers sens (Prop. 33) et sont contraires les uns aux autres (Prop. 34), alors qu'ils ont besoin d'un secours mutuel (Scolie de la Prop. 35). Afin donc que les hommes puissent vivre dans la concorde et être en aide les uns aux autres, il est nécessaire qu'ils renoncent à leur droit naturel et s'assurent les uns aux autres qu'ils ne feront rien qui puisse donner lieu à un dommage pour autrui. En quelle condition cela est possible, à savoir que les hommes, nécessairement soumis aux affections (Coroll. de la Prop. 4), inconstants et changeants (Prop. 33), puissent se donner cette assurance mutuelle et avoir foi les uns dans les autres, cela se voit par la Proposition 7 de cette Partie et la Proposition 39 de la troisième. J'y dis, en effet, que nulle affection ne peut être réduite, sinon par une affection plus forte et contraire à celle qu'on veut réduire, et que chacun s'abstient de porter dommage par la peur d'un dommage plus grand. Par cette loi donc une Société pourra s'établir si elle revendique pour elle-même le droit qu'a chacun de se venger et de juger du bon et du mauvais, et qu'elle ait ainsi le pouvoir de prescrire une règle commune de vie, d'instituer des lois et de les maintenir, non par la Raison qui ne peut réduire les affections (Scolie de la Prop. 17), mais par des menaces. Cette Société maintenue par des lois et le pouvoir qu'elle a de se conserver, est appelée Cité, et ceux qui sont sous la protection de son droit, Citoyens ; par où nous connaissons facilement que, dans l'état naturel, il n'y a rien qui soit bon ou mauvais du consentement de tous, puisque chacun, dans cet état naturel, avise seulement à sa propre utilité et, suivant sa complexion, décrète quelle chose est bonne, quelle mauvaise, n'ayant de règle que son intérêt, qu'enfin il n'est tenu par aucune loi d'obéir à personne, sinon à lui-même. Et ainsi dans l'état naturel le péché ne peut se concevoir, mais bien dans l'état civil, quand il a été décrété du consentement de tous quelle chose est bonne et quelle mauvaise, et que chacun est tenu d'obéir à la Cité. Le péché n'est donc rien d'autre que la désobéissance, laquelle est, pour cette raison, punie en vertu du seul droit de la Cité, et au contraire l'obéissance est comptée au Citoyen comme mérite, parce qu'il est par cela même jugé digne de jouir des avantages de la Cité. De plus, dans l'état naturel, nul n'est, du consentement commun, seigneur d'aucune chose, et il n'y a rien dans la Nature qui puisse être dit la chose de l'un ou de l'autre ; mais tout appartient à tous ; par suite, dans l'état naturel, on ne peut concevoir de volonté d'attribuer à chacun le sien, d'enlever à quelqu'un ce qui est à lui ; c'est-à-dire dans l'état naturel il n'y a rien qui puisse être dit juste ou injuste ; mais bien dans l'état civil, où du consentement commun il est décrété quelle chose est à l'un, quelle à l'autre. Il apparaît par là que le juste et l'injuste, le péché et le mérite sont des notions extrinsèques, non des attributs qui expliquent la nature de l'Âme. Mais assez sur ce point. (Appuhn - fr)

In the Appendix to Part I. I undertook to explain praise and blame, merit and sin, justice and injustice.
Concerning praise and blame I have spoken in III. xxix. note: the time has now come to treat of the remaining terms. But I must first say a few words concerning man in the state of nature and in society.
Every man exists by sovereign natural right, and, consequently, by sovereign natural right performs those actions which follow from the necessity of his own nature; therefore by sovereign natural right every man judges what is good and what is bad, takes care of his own advantage according to his own disposition (IV. xix. and xx.), avenges the wrongs done to him (III. xl. Coroll. ii.), and endeavours to preserve that which he loves and to destroy that which he hates (III. xxviii.). Now, if men lived under the guidance of reason, everyone would remain in possession of this his right, without any injury, being done to his neighbour (IV. xxxv. Coroll. i.). But seeing that they are a prey to their emotions, which far surpass human power or virtue (IV. vi.), they are often drawn in different directions, and being at variance one with another (IV. xxxiii. xxxiv.), stand in need of mutual help (IV. xxxv. note). Wherefore, in order that men may live together in harmony, and may aid one another, it is necessary that they should forego their natural right, and, for the sake of security, refrain from all actions which can injure their fellow-men. The way in which this end can be attained, so that men who are necessarily a prey to their emotions (IV. iv. Corll.), inconstant, and diverse, should be able to render each other mutually secure, and feel mutual trust, is evident from IV. vii. and III. xxxix. It is there shown, that an emotion can only be restrained by an emotion stronger than, and contrary to itself, and that men avoid inflicting injury through fear of incurring a greater injury themselves.
On this law society can be established, so long as it keeps in its own hand the right, possessed by everyone, of avenging injury, and pronouncing on good and evil; and provided it also possesses the power to lay down a general rule of conduct, and to pass laws sanctioned, not by reason, which is powerless in restraining emotion, but by threats (IV. xvii. note). Such a society established with laws and the power of preserving itself is called a State, while those who live under its protection are called citizens. We may readily understand that there is in the state of nature nothing, which by universal consent is pronounced good or bad; for in the state of nature everyone thinks solely of his own advantage, and according to his disposition, with reference only to his individual advantage, decides what is good or bad, being bound by no law to anyone besides himself.
In the state of nature, therefore, sin is inconceivable; it can only exist in a state, where good and evil are pronounced on by common consent, and where everyone is bound to obey the State authority. Sin, then, is nothing else but disobedience, which is therefore punished by the right of the State only. Obedience, on the other hand, is set down as merit, inasmuch as a man is thought worthy of merit, if he takes delight in the advantages which a State provides.
Again, in the state of nature, no one is by common consent master of anything, nor is there anything in nature, which can be said to belong to one man rather than another: all things are common to all. Hence, in the state of nature, we can conceive no wish to render to every man his own, or to deprive a man of that which belongs to him; in other words, there is nothing in the state of nature answering to justice and injustice. Such ideas are only possible in a social state, when it is decreed by common consent what belongs to one man and what to another.
From all these considerations it is evident, that justice and injustice, sin and merit, are extrinsic ideas, and not attributes which display the nature of the mind. But I have said enough. (Elwes - en)

Im Anhang zum ersten Teil habe ich zu erklären versprochen, was Lob und Tadel, Verdienst und Verbrechen (Sünde), gerecht und ungerecht sei. Was nun Lob und Tadel betrifft, so habe ich diese schon in der Anmerkung zu Lehrsatz 29 im dritten Teil erklärt. Von den andern zu sprechen, ist hier die geeignete Stelle. Vorher aber will ich etwas über den natürlichen und den bürgerlichen Zustand des Menschen sagen. Jeder existiert nach dem höchsten Recht der Natur, und folglich tut jeder nach dem höchsten Recht der Natur das, was aus der Notwendigkeit seiner Natur folgt. Nach dem höchsten Recht der Natur bildet sich daher jeder sein eigenes Urteil über gut und schlecht, sorgt jeder für seinen Nutzen nach Seinem Sinne (s. die Lehrsätze 19 und 20 dieses Teils), übt er Rache (s. Zusatz II zu Lehrsatz 40, Teil 3) und strebt, was er liebt, zu erhalten, und was er haßt, zu zerstören (s. Lehrsatz 28, Teil 3). Lebten nun die Menschen nach der Leitung der Vernunft. so würde jeder (nach Zusatz I zu Lehrsatz 35 dieses Teils) dieses sein Recht behaupten ohne irgendeinen Schaden eines andern. Weil sie aber den Affekten unterworfen sind (nach Zusatz zu Lehrsatz 4 dieses Teils), welche das menschliche Vermögen oder die menschliche Tugend weit überragen (nach Lehrsatz 6 dieses Teils), so werden sie oft nach verschiedenen Richtungen getrieben (nach Lehrsatz 33 dieses Teils) und stehen sich einander feindselig gegenüber (nach Lehrsatz 34 dieses Teils), während sie doch zu wechselseitiger Hilfe einander bedürfen (nach Anmerkung zu Lehrsatz 35 dieses Teils). Damit also die Menschen in Eintracht leben und hilfreich gegeneinander sein können, ist es notwendig, daß sie ihr natürliches Recht aufgeben und einander Sicherheit gewähren, daß keiner etwas tun werde, was einem andern zum Schaden gereichen kann. - Auf welche Weise das aber geschehen kann, daß nämlich die Menschen, die doch den Affekten notwendig unterworfen sind (nach Zusatz zu Lehrsatz 4 dieses Teils) und wankelmütig und veränderlich sind (nach Lehrsatz 33 dieses Teils), einander Sicherheit gewähren und einander vertrauen können, erhellt aus Lehrsatz 7 dieses Teils und Lehrsatz 39 im dritten Teil, wonach ein Affekt nicht anders eingeschränkt werden kann als durch einen anderen stärkeren und dem ersten entgegengesetzten Affekt, und jeder sich enthält, Schaden zu stiften, aus Furcht vor größerem Schaden. Durch dieses Gesetz nun kann ein Verein gegründet werden, indem der Verein sich das Recht aneignet, welches jeder Einzelne hat, das Recht, sich zu rächen und über Gut und Schlecht sein Urteil zu fällen. Er muß daher die Macht haben, über die Lebensweise allgemeine Vorschriften zu erteilen und Gesetze zu geben und dieselben zur Geltung zu bringen; nicht durch die Vernunft, welche die Affekte nicht einschränken kann (nach Anmerkung zu Lehrsatz 17 dieses Teils), sondern durch Drohungen. Ein solcher, auf Gesetze und die Macht, sich zu erhalten, sich gründender Verein heißt Staat, und diejenigen, welche durch dessen Recht geschützt werden, heißen Bürger. Hieraus ist leicht ersichtlich, daß es im Naturzustand nichts gibt, was nach Übereinstimmung aller gut oder schlecht ist, da ja im Naturzustand jeder nur für Seinen Nutzen sorgt und nach Seinem Sinn, und nur sofern er auf seinen Nutzen Bedacht nimmt, entscheidet, was gut und was schlecht ist, und durch kein Gesetz verbunden ist, irgend jemand zu gehorchen als nur sich selbst. Im Naturzustand kann daher kein Verbrechen begriffen werden, wohl aber im bürgerlichen Leben, wo durch allgemeine Übereinstimmung entschieden wird, was gut und was schlecht ist, und jeder verbunden ist, dem Staat zu gehorchen. Verbrechen ist somit nichts anderes als Ungehorsam, welcher nur nach dem Staatsgesetze strafbar ist, wogegen der Gehorsam dem Bürger als Verdienst angerechnet wird, weil er durch denselben für würdig erachtet wird, der Vorteile des Staats sich zu erfreuen. Ferner ist im Naturzustand niemand nach gemeinschaftlicher Übereinkunft Herr irgendeines Dinges, und es gibt in der Natur nichts, was als Eigentum dieses oder jenes Menschen bezeichnet werden könnte, sondern alles gehört allen. Daher kann auch im Naturzustand derWille, jemand das Seinige zu geben oder zu nehmen, nicht begriffen werden; d.h., im Naturzustand geschieht nichts, was gerecht oder ungerecht heißen könnte, wohl aber im bürgerlichen Leben, wo nach gemeinschaftlicher Übereinkunft festgestellt wird, was diesem und was jenem gehören soll. Hieraus erhellt, daß gerecht und ungerecht, Sünde und Verdienst äußerliche Begriffe sind, nicht aber Attribute, welche die Natur des Geistes ausdrücken. Doch nun genug davon. (Stern - de)

Nell'Appendice della Parte I ho implicitamente promesso di spiegare che cosa siano la lode e il biasimo, il merito e il peccato, il giusto e l'ingiusto. Ho spiegato quel che concerne la lode e il biasimo nel Chiarimento della Prop. 29 della Parte III; e vorrei chiarire qui gli altri punti. Ma prima bisogna che io esponga qualche idea sulla condizione dell'Uomo in natura e nella società civile.
Ciascuno esiste per supremo diritto di natura, e di conseguenza ciascuno, per supremo diritto di natura, fa quelle cose che derivano dalla necessità della sua natura; e quindi per supremo diritto di natura ciascuno giudica che cosa sia bene e cosa sia male, provvede a suo criterio al proprio utile, si vendica, si sforza di conservare ciò che ama e di distruggere ciò che odia. Se gli umani vivessero sotto la guida della Ragione ciascuno godrebbe di questo suo diritto senza alcun danno per gli altri; ma poiché sono, invece, soggetti a sentimenti che superano di gran lunga la potenza (o la virtù) umana, essi spesso sono trascinati chi qua, chi là, e si contrastano a vicenda mentre avrebbero bisogno di mutuo aiuto. Perché dunque gli umani possano vivere in concordia ed essersi d'aiuto è necessario che essi rinuncino al loro diritto naturale e si garantiscano a vicenda la loro volontà di non fare alcunché che possa riuscire dannoso ad altri. In base a che cosa ciò possa accadere, cioè in base a che cosa gli umani, che sono necessariamente soggetti ai sentimenti e incostanti e mutevoli, possano rendersi vicendevolmente sicuri e aver fiducia gli uni negli altri, appare dalla Prop. 7 di questa Parte e dalla Prop. 39 della Parte III: cioè appunto in base a questo, che nessun sentimento può essere coartato se non da un sentimento più forte e contrario, e che ognuno s'astiene dall'arrecare altrui un danno se ne teme per sé un danno maggiore. In forza di questa legge, pertanto, una comunità potrà costituirsi e reggersi con sicurezza: solo che essa rivendichi come suo proprio il diritto che ciascuno ha di vendicarsi e di giudicare del bene e del male, e si assuma così il potere di prescrivere norme di vita valide per tutti, di produrre leggi, di renderle efficaci e temibili non con ragionamenti (che sono incapaci di raffrenare i sentimenti), ma con minacce. Questa Comunità, o Società, resa salda dalle leggi e dalla sua capacità di conservarsi, si chiama Comunità politica o Stato; e coloro che sono protetti dal suo diritto si chiamano Cittadini. Da ciò è facile comprendere che nello stato di natura non c'è nulla che sia buono o cattivo per consenso di tutti: dato che ciascuno, allo stato naturale, provvede soltanto al proprio utile, stabilisce che cosa sia bene e che cosa sia male secondo che gli va a genio e in quanto egli tiene d'occhio solo il proprio tornaconto, e non è tenuto da alcuna legge ad obbedire ad alcuno, se non a sé solo; e perciò nello stato di natura non si può concepire il peccato, o il reato, cioè la violazione di una norma positiva.
Il peccato, o il reato, può invece concepirsi nell'ambito dello Stato, o di una Comunità, dove, come è decretato per comune consenso che cosa sia bene e che cosa sia male, così ognuno è tenuto ad obbedire allo Stato. Il peccato, pertanto, o il reato, non è altro che una disobbedienza, che per questo stesso viene punita solo in forza del diritto dello Stato; mentre viceversa l'obbedienza alle leggi è stimata un merito nel Cittadino, che proprio per la sua obbedienza è giudicato degno di godere i vantaggi dello Stato. Nello stato naturale, ancora, nessuno è per comune consenso padrone di qualche cosa, e nella Natura non c'è alcunché che possa dirsi proprietà di quest'umano e non di quello; ma tutte le cose sono di tutti: e perciò nello stato naturale non si può concepire alcuna volontà formale di attribuire a ciascuno il suo, o di togliere a qualcuno ciò che è suo; ossia nello stato naturale nessuno fa qualcosa che possa definirsi giusto o ingiusto. Il giusto e l'ingiusto esistono soltanto nello Stato civile, dove per comune consenso si stabilisce che cosa sia di questo umano e che cosa sia di quello. E da ciò appare che il giusto e 1' ingiusto, il peccato e il merito sono nozioni estrinseche, e non attributi che spieghino la natura della Mente. (P. III, Prop. 28; Conseg. 21 d. Prop. 40; P. IV, Conseg. 4. Prop. 4; Prop. 6; Chiarim. d. Prop. 17; Prop. 19, 20, 33; Conseg. 1 e Chiarim. d. Prop. 35). (Peri - it)

In het Aanhangsel van het Eerste Deel beloofde ik uiteen te zullen zetten wat lof en blaam, verdienste en zonde, recht en onrecht zijn. Wat nu lof en blaam betreft: deze heb ik reeds in de Opmerking bij Stelling XXIX Deel III behandeld; voor de overige begrippen is het hier de plaats om ze te bespreken. Vooraf echter moet ik enkele opmerkingen maken omtrent den natuurlijken en den maatschappelijken staat des menschen.

Ieder mensch bestaat krachtens hoogste, natuurlijk recht en bij gevolg doet elkeen krachtens dit hoogste natuurlijke recht datgene, wat noodwendig uit zijn aard voortvloeit, zoodat ook elkeen krachtens hoogste natuurlijk recht uitmaakt wat [voor hem] goed of kwaad is, volgens eigen inzicht zijn eigen belang behartigt (zie St. XIX en XX v.d. D.), zichzelf wreekt (zie Gevolg II St. XL D. III), dat wat hij liefheeft tracht in stand te houden en wat hij haat tracht te vernietigen, (zie St. XXVIII D. III). Indien nu slechts de menschen volgens leiding der Rede leefden, zou elkeen (vlg. Gevolg I St. XXXV v.d. D.) dit zijn hoogste recht uitoefenen zonder eenig nadeel voor een ander. Maar aangezien de menschen aan aandoeningen onderworpen zijn (vlg. Gevolg St. IV v.d. D.) welke (vlg. St. VI v.d. D.), de menschelijke kracht of Deugd verre te boven gaan, worden zij naar verschillende kanten getrokken (vlg. St. XXXIII v.d. D.) en komen zij met elkaar in strijd (vlg. St. XXXIV v.d. D.), terwijl zij toch elkaars wederzijdsche hulp behoeven (vlg. Opmerking St. XXXV v.d. D.). Opdat dus de menschen eendrachtig kunnen leven en elkander tot steun zijn, is het noodzakelijk dat zij van hun natuurlijk recht afstand doen en elkaar wederkeerig de zekerheid verschaffen, dat zij niets zullen doen wat tot eens anders nadeel kan strekken. Hoe dit nu mogelijk is, namelijk dat menschen die (vlg. Gevolg St. IV v.d. D.) noodzakelijk aan aandoeningen onderhevig, en (vlg. St. XXXIII v.d. D.) onstandvastig en veranderlijk zijn, elkaar toch die zekerheid kunnen geven en op elkaar kunnen vertrouwen, blijkt uit Stelling VII van dit Deel en Stelling XXXIX van Deel III. Hier toch werd betoogd dat geen enkele aandoening kan worden bedwongen dan alleen door een sterkere en tegenovergestelde en dat ieder van kwaad doen afziet uit vrees voor een grooter kwaad. Op deze wet nu kan een gemeenschap worden gegrondvest, indien zij slechts het recht om zichzelf te wreken en over goed en kwaad te oordeelen, dat ieder individu afzonderlijk bezat, zichzelf voorbehoudt en dus het recht heeft een gemeenschappelijke levenswijze voor te schrijven en wetten uit te vaardigen, welke zij niet door de Rede, welke de hartstochten niet kan bedwingen (vlg. Opmerking St. XVII v.d. D.), doch door bedreigingen handhaaft. Zulk een gemeenschap nu, op wet en de macht om zich te handhaven gegrond, noemt men een Staat, en hen die door haar recht worden beschermd "staatsburgers", waaruit wij gemakkelijk kunnen inzien dat er in den natuurtoestand niets is dat naar aller oordeel goed of kwaad is, aangezien een ieder die in den natuurtoestand verkeert, alleen met zijn eigen belang te rade gaat en naar eigen inzicht en voorzoover het ten opzichte van zijn eigen belang zin heeft, uitmaakt wat goed of kwaad is en door geen enkele wet gehouden is iemand anders dan zichzelf alleen te gehoorzamen. In den natuurtoestand is dus ook geen zonde denkbaar, wel echter in den burgerlijken staat, waar door gemeenschappelijk besluit wordt vastgesteld wat goed en kwaad is en ieder gehouden is den staat te gehoorzamen. Zonde is dus niets anders dan ongehoorzaamheid, welke alleen door het recht van den staat wordt gestraft; gehoorzaamheid daarentegen strekt den burger tot verdienste, wijl hij daardoor waardig wordt geacht de voordeelen van den staat te genieten. Voorts is in den natuurtoestand niemand met algemeene toestemming "Heer" van iets, evenmin als er in de Natuur iets bestaat, waarvan men zou kunnen zeggen, dat het dezen en niet genen mensch toebehoort; maar alles is er van allen, zoodat er in den natuurtoestand ook geen verlangen denkbaar is om ieder het zijne te geven of om een ander te ontrooven wat hem toebehoort. Hetgeen zeggen wil dat er in den natuurtoestand niets gebeurt, dat recht of onrecht genoemd kan worden, wel echter in den burgerlijken staat, waar met algemeene toestemming wordt uitgemaakt wat van deze en wat van gene is. Waaruit blijkt, dat recht en onrecht, zonde en verdienste, begrippen van buiten af zijn, doch geen eigenschappen welke het wezen van den Geest uitdrukken. Doch hierover genoeg. (Suchtelen - nl)

En el Apéndice de la Parte primera prometí explicar qué son la alabanza y el vituperio, el mérito y el delito, lo justo y lo injusto. Lo que atañe a la alabanza y el vituperio lo he explicado en el Escolio de la Proposición 29 de la Parte III; éste es el momento de hablar sobre los demás puntos. Pero, antes, conviene decir algo acerca del estado natural y el estado civil del hombre.
Cada cual existe por derecho supremo de la naturaleza, y, por consiguiente, cada cual hace por derecho supremo de la naturaleza lo que de su naturaleza se sigue necesariamente, y, por tanto, cada cual juzga, por derecho supremo de la naturaleza, lo bueno y lo malo, y mira por su utilidad de acuerdo con su índole propia (ver Proposiciones 19 y 20 de esta Parte), y toma venganza (ver el Corolario 2 de la Proposición 40 de la Parte III), y se esfuerza en conservar lo que ama y en destruir lo que odia (ver Proposición 28 de la Parte III). Pues bien, si los hombres vivieran según la guía de la razón, cada uno (por el Corolario 1 de la Proposición 35 de esta Parte) detentaría este derecho suyo sin daño alguno para los demás. Pero como están sujetos a afectos (por el Corolario de la Proposición 4 de esta Parte) que superan con mucho la potencia o virtud humana (por la Proposición 6 de esta Parte), son por ello arrastrados a menudo en diversos sentidos (por la Proposición 33 de esta Parte), y son contrarios entre sí (por la Proposición 34 de esta Parte), aun cuando precisan de la ayuda mutua (por el Escolio de la Proposición 35 de esta Parte). Así pues, para que los hombres puedan vivir concordes y prestarse ayuda, es necesario que renuncien a su derecho natural y se presten recíprocas garantías de que no harán nada que pueda dar lugar a un daño ajeno. Cómo pueda suceder esto —a saber, que los hombres, sujetos necesariamente a los afectos (por el Corolario de la Proposición 4 de esta Parte), inconstantes y volubles (por la Proposición 33 de esta Parte) puedan darse garantías y confiar unos en otros— es evidente por la Proposición 7 de esta Parte y por la Proposición 39 de la Parte III. A saber: que ningún afecto puede ser reprimido a no ser por un afecto más fuerte que el que se desea reprimir, y contrario a él, y que cada cual se abstiene de inferir un daño a otro, por temor a un daño mayor. Así pues, de acuerdo con esa ley podrá establecerse una sociedad, a condición de que ésta reivindique para sí el derecho, que cada uno detenta, de tomar venganza, y de juzgar acerca del bien y el mal, teniendo así la potestad de prescribir una norma común de vida, de dictar leyes y de garantizar su cumplimiento, no por medio de la razón, que no puede reprimir los afectos (por el Escolio de la Proposición 17 de esta Parte), sino por medio de la coacción. Esta sociedad, cuyo mantenimiento está garantizado por las leyes y por el poder de conservarse, se llama Estado, y los que son protegidos por su derecho se llaman ciudadanos. Por todo esto, entendemos fácilmente que en el estado de naturaleza no hay nada que sea bueno o malo en virtud del común consenso, dado que todo el que se halla en el estado natural mira sólo por su utilidad, y conforme a su índole propia, y decide acerca de lo bueno y lo malo únicamente respecto de su utilidad, y no está obligado por ley alguna a obedecer a nadie más que a sí mismo. Por tanto, en el estado natural no puede concebirse el delito Pero sí, ciertamente, en el estado civil, en el que el bien y el mal son decretados por común consenso, y donde cada cual está obligado a obedecer al Estado. El delito no es, pues, otra cosa que una desobediencia castigada en virtud del solo derecho del Estado, y, por el contrario, la obediencia es considerada como un mérito del ciudadano, pues en virtud de ella se le juzga digno de gozar de las ventajas del Estado. Además, en el estado natural nadie es dueño de cosa alguna por consenso común, ni hay en la naturaleza nada de lo que pueda decirse que pertenece a un hombre más bien que a otro , sino que todo es de todos, y, por ende, no puede concebirse, en el estado natural, voluntad alguna de dar a cada uno lo suyo, ni de quitarle a uno lo que es suyo, es decir, que en el estado natural no ocurre nada que pueda llamarse "justo" o "injusto", y sí en el estado civil, donde por común consenso se decreta lo que es de uno y lo que es de otro. Por lo que es evidente que lo justo y lo injusto, el delito y el mérito son nociones extrínsecas, y no atributos que sirvan para explicar la naturaleza del alma. Pero de esto ya he dicho bastante. (Peña - es)

Dans l’Appendice de la Partie I, j’ai promis d’expliquer ce que sont la louange et le blâme, le mérite et la faute, le juste et l’injuste. En ce qui concerne la louange et le blâme je me suis expliqué au Scolie de la Proposition 29 de la Partie III ; et il y aura lieu de dire quelques mots sur les autres points. Auparavant, il convient de faire quelques remarques sur l’état naturel et sur l’état civil de l’homme.
Chacun existe par un droit suprême de la Nature et chacun, par suite, accomplit ce qui suit de la nécessité de sa nature. C’est pourquoi chacun juge, par un droit suprême de la Nature, de ce qu’est le bien et de ce qu’est le mal, veille à ses intérêts selon sa constitution (voir les Propositions 19 et 20, Partie III) et s’efforce (voir le Corollaire 2 de la Proposition 40, Partie III) de conserver ce qu’il aime et de détruire ce qu’il hait (voir la Proposition 28, Partie III). Et si les hommes vivaient sous la conduite de la Raison, chacun (par le Corollaire 1 de la Proposition 35) jouirait de son droit sans nuire à autrui. Mais comme ils sont soumis aux affects (par le Corollaire de la Proposition 4), affects qui dépassent de loin la puissance, c’est-à-dire la vertu de l’homme (par la Proposition 6), ils sont tirés en divers sens (par la Proposition 33), ils sont contraires les uns aux autres (par la Proposition 34), alors qu’ils ont besoin d’une aide réciproque (par le Scolie de la Proposition 35). Aussi, pour que les hommes puissent vivre dans la concorde et se porter une aide mutuelle, il est nécessaire qu’ils renoncent à leur droit naturel et se donnent réciproquement l’assurance qu’ils n’accompliront rien qui puisse être un dommage pour l’autre. Par la Proposition 7 de cette Partie et la Proposition 39 de la Partie III, on voit avec évidence comment il est possible que les hommes, nécessairement soumis aux affects (par le Corollaire de la Proposition 4), inconstants et divers (par la Proposition 33) puissent se donner cette assurance réciproque et avoir confiance les uns dans les autres : c’est grâce au fait qu’un affect ne peut être réprimé que par un affect plus fort que l’affect à réprimer et qui lui est contraire, et que chacun s’abstient de causer un dommage par crainte d’un dommage plus grand. C’est par cette loi qu’une Société pourra se constituer pourvu qu’elle revendique pour elle-même le droit que possède chacun de se venger, et de juger du bien et du mal, ayant ainsi le pouvoir de prescrire un principe commun d’existence, de promulguer des lois et de les défendre non pas par la Raison, incapable de réprimer les affects (par le Scolie de la Proposition 17), mais par des menaces de sanctions. Cette Société, constituée par des lois et par le pouvoir qu’elle a de se conserver, est désignée par le terme de Cité, et l’on appelle Citoyens ceux qui sont sous la protection de son droit. Par ces principes, nous comprenons aisément qu’il n’est rien dans l’état de nature qu’on s’accorde universellement à tenir pour bon ou pour mauvais, puisque chacun, dans cet état, se préoccupe de cela seul qui lui est utile, et décide selon sa constitution et en rapport seulement avec son intérêt de ce qui est bien et de ce qui est mal, n’étant tenu par aucune loi à obéir à quiconque, sinon à lui-même. C’est pourquoi, dans l’état naturel, la faute n’est pas concevable, mais elle l’est au contraire dans l’état civil où par consentement commun on a décidé du bien et du mal et où chacun est tenu de se soumettre à la Cité. Aussi la faute n’est-elle rien d’autre que la désobéissance, celle-ci ne pouvant par suite être punie que conformément au seul droit de la Cité, et l’on tient au contraire l’obéissance à cette Cité comme un Mérite qui fait par lui-même qu’on juge le Citoyen digne de jouir des avantages de la Cité. En outre, personne, dans l’état naturel, n’est par un accord universel Maître d’aucune chose et il n’existe rien dans la Nature qu’on puisse dire être la propriété de tel homme ou de tel autre. Tout appartient à tous ; c’est pourquoi, dans l’état naturel, on ne peut concevoir aucune volonté d’attribuer à chacun son dû ou de spolier quelqu’un, c’est-à-dire que dans l’état naturel rien n’arrive qu’on puisse dire juste ou injuste. Mais cela se produit par contre dans l’état civil où l’on décide par consentement commun de ce qui appartient à l’un et de ce qui appartient à l’autre. On voit ainsi que le juste et l’injuste, la faute et le mérite sont des notions extrinsèques et non pas des attributs qui expliqueraient la nature de l’Esprit. Mais sur ce point ces remarques suffiront.
(Misrahi - fr)

utilisé(e) par : 4, prop 37  |  4, prop 45, cor 2  |  4, prop 73, demo   |  4, app, cap 15

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