EthicaDB •   Publication hypertextuelle et multi-versions de l'Ethique de Spinoza

propositio 3

Pars 2, prop 3
Appuhn - fr | Elwes - en | Stern - de | Peri - it | Suchtelen - nl | Peña - es | Pautrat - fr | Misrahi - fr     infra (6)  |  haut ^

In Deo datur necessario idea tam ejus essentiae quam omnium quae ex ipsius essentia necessario sequuntur.

In Deo datur necessario idea tam ejus essentiae quam omnium quae ex ipsius essentia necessario sequuntur.

Il y a nécessairement en Dieu une idée tant de son essence que de tout ce qui suit nécessairement de son essence. (Appuhn - fr)

In God there is necessarily the idea not only of his essence, but also of all things which necessarily follow from his essence. (Elwes - en)

In Gott gibt es notwendig eine Idee sowohl seines Wesens als alles dessen, was aus seinem Wesen notwendig folgt. (Stern - de)

In Dio c'è necessariamente l'idea tanto della sua propria essenza, quanto di tutte le cose che dalla sua essenza derivano necessariamente. (Peri - it)

Er bestaat in God noodzakelijk een voorstelling, zoowel van zijn eigen wezen, als van alles wat met noodwendigheid uit dit wezen voortvloeit. (Suchtelen - nl)

Hay en Dios necesariamente una idea, tanto de su esencia, como de todo lo que se sigue necesariamente de esa esencia. (Peña - es)

En Dieu, il y a nécessairement une idée tant de son essence que de tout ce qui suit nécessairement de son essence. (Pautrat - fr)

Il existe nécessairement en Dieu une idée aussi bien de son essence que de toutes les choses qui suivent nécessairement de cette essence. (Misrahi - fr)

demonstratio par 2, prop 1  |  1, prop 16  |  1, prop 35  |  1, prop 15

Appuhn - fr | Elwes - en | Stern - de | Peri - it | Suchtelen - nl | Peña - es | Pautrat - fr | Misrahi - fr

2, prop 3, demo  - Deus enim (per propositionem 1 hujus) infinita infinitis modis cogitare sive (quod idem est per propositionem 16 partis I) ideam suae essentiae et omnium quae necessario ex ea sequuntur, formare potest. Atqui omne id quod in Dei potestate est, necessario est (per propositionem 35 partis I); ergo datur necessario talis idea et (per propositionem 15 partis I) non nisi in Deo. Q.E.D.

2, prop 3, demo  - Dieu en effet (Prop. 1) peut penser une infinité de choses en une infinité de modes ou (ce qui revient au même suivant la Prop. 16 de la p. I) former l'idée de son essence et de tout ce qui en suit nécessairement. Or tout ce qui est au pouvoir de Dieu, est nécessairement (Prop. 35, p. I) ; donc une telle idée est nécessairement donnée et (Prop. 15, p. I) ce ne peut être autre part qu'en Dieu. C.Q.F.D. (Appuhn - fr)

2, prop 3, demo  - God (by the first Prop. of this Part) can think an infinite number of things in infinite ways, or (what is the same thing, by Prop. xvi., Part i.) can form the idea of his essence, and of all things which necessarily follow therefrom. Now all that is in the power of God necessarily is. (Pt. i., Prop. xxxv.) Therefore, such an idea as we are considering necessarily is, and in God alone. Q.E.D. (Part i., Prop. xv.)
(Elwes - en)

2, prop 3, demo  - Denn Gott kann (nach Lehrsatz 1 dieses Teils) Unendliches auf unendliche Weisen denken, oder (was dasselbe ist, nach Lehrsatz 16, Teil 1) er kann die Idee seinesWesens und alles dessen, was notwendig aus demselben folgt, bilden. Nun ist alles, was in Gottes Macht steht, notwendig (nach Lehrsatz 35, Teil 1). Also gibt es notwendig eine solche Idee und (nach Lehrsatz 15, Teil 1) nur in Gott. -W.z.b.w. (Stern - de)

2, prop 3, demo  - Dio può infatti (P. II, Prop. 1) pensare infinite cose in infinite maniere, ossia, ciò che è lo stesso, può formare l'idea della sua essenza e di tutte le cose che necessariamente ne derivano. Ma tutto ciò che è in potestà di Dio è necessariamente: e dunque l'idea predetta esiste necessariamente, e non altrove che in Dio. (P. I, Prop. 15, 16, 25; P. II, Prop. 1). (Peri - it)

2, prop 3, demo  - God immers kan (vlg. St. I van dit Deel) oneindig vele dingen op oneindig vele wijzen denken, ofwel (wat vlg. St. XVI Deel I hetzelfde is) hij kan een voorstelling vormen van zijn eigen wezen en van alles wat met noodwendigheid daaruit voortvloeit. Maar al datgene, wat in Gods vermogen ligt, moet (vlg. St. XXXV Deel I) ook noodwendig bestaan, en derhalve bestaat ook noodzakelijk de bedoelde voorstelling en dat wel (vlg. St. XV Deel I) uitsluitend in God. H.t.b.w. (Suchtelen - nl)

2, prop 3, demo  - En efecto: Dios (por la Proposición 1 de esta Parte) puede pensar infinitas cosas de infinitos modos, o (lo que es lo mismo, por la Proposición 16 de la Parte I) puede formar una idea de su esencia y de todo lo que necesariamente se sigue de ella. Ahora bien, todo lo que está en la potestad de Dios es necesariamente (por la Proposición 35 de la Parte I); por consiguiente, hay necesariamente tal idea, y (por la Proposición 15 de la Parte I) no la hay sino en Dios. Q.E.D. (Peña - es)

2, prop 3, demo  - Dieu en effet (par la Prop. 1 de cette p.) peut penser une infinité de choses d'une infinité de manières, autrement dit (c'est la même chose, par la Prop. 16 p. 1) former une idée de son essence et de tout ce qui en suit nécessairement. Or tout ce qui est au pouvoir de Dieu est nécessairement (par la Prop. 35 p. 1) ; donc il y a nécessairement une telle idée, et (par la Prop. 15 p. 1) nulle part ailleurs qu'en Dieu. CQFD. (Pautrat - fr)

2, prop 3, demo  - En effet, Dieu (par la Proposition 1) peut penser une infinité de choses sous une infinité de modes, ou (ce qui est la même chose, par la Proposition 16 Partie I) peut former une idée de son essence et de tout ce qui découle nécessairement de cette essence. Or tout ce qui est au pouvoir de Dieu existe nécessairement (par la Proposition 35 Partie I) ; il existe donc nécessairement une telle idée et (par la Proposition 15 Partie I) elle ne peut être donnée qu'en Dieu. C.Q.F.D. (Misrahi - fr)

2, prop 1 - Cogitatio attributum Dei est sive Deus est res cogitans.

1, prop 16 - Ex necessitate divinae naturae infinita infinitis modis (hoc est omnia quae sub intellectum infinitum cadere possunt) sequi debent.

1, prop 35 - Quicquid concipimus in Dei potestate esse, id necessario est.

1, prop 15 - Quicquid est, in Deo est et nihil sine Deo esse neque concipi potest.

scholium par 1, prop 32, cor 1  |  1, prop 32, cor 2  |  1, prop 16  |  1, prop 34

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2, prop 3, sc  - Vulgus per Dei potentiam intelligit Dei liberam voluntatem et jus in omnia quae sunt quaeque propterea communiter ut contingentia considerantur. Deum enim potestatem omnia destruendi habere dicunt et in nihilum redigendi. Dei porro potentiam cum potentia regum saepissime comparant. Sed hoc in corollario I et II propositionis 32 partis I refutavimus et propositione 16 partis I ostendimus Deum eadem necessitate agere qua seipsum intelligit hoc est sicuti ex necessitate divinae naturae sequitur (sicut omnes uno ore statuunt) ut Deus seipsum intelligat, eadem etiam necessitate sequitur ut Deus infinita infinitis modis agat. Deinde propositione 34 partis I ostendimus Dei potentiam nihil esse praeterquam Dei actuosam essentiam adeoque tam nobis impossibile est concipere Deum non agere quam Deum non esse. Porro si haec ulterius persequi liberet, possem hic etiam ostendere potentiam illam quam vulgus Deo affingit, non tantum humanam esse (quod ostendit Deum hominem vel instar hominis a vulgo concipi) sed etiam impotentiam involvere. Sed nolo de eadem re toties sermonem instituere. Lectorem solummodo iterum atque iterum rogo ut quae in prima parte ex propositione 16 usque ad finem de hac re dicta sunt, semel atque iterum perpendat. Nam nemo ea quae volo percipere recte poterit nisi magnopere caveat ne Dei potentiam cum humana regum potentia vel jure confundat.

2, prop 3, sc  - Le vulgaire entend par puissance de Dieu une volonté libre et un droit s'étendant à tout ce qui est, et pour cette raison toutes choses sont communément considérées comme contingentes. Dieu, dit-on en effet, a le pouvoir de tout détruire et tout anéantir. On compare, en outre, très souvent la puissance de Dieu à celle des Rois. Mais nous avons réfuté cela dans les Corollaires 1 et 2 de la Proposition 32, partie 1, et, dans la Proposition 16, partie I, nous avons montré que Dieu agit par la même nécessité par laquelle il forme une idée de lui-même ; c'est-à-dire, de même qu'il suit de la nécessité de la nature divine (comme tous l'admettent d'une commune voix) que Dieu forme une idée de lui-même, il suit aussi avec la même nécessité que Dieu produise une infinité d'actions en une infinité de modes. En outre, nous avons montré, Proposition 34 de la partie I, que la puissance de Dieu n'est rien d'autre que l'essence active de Dieu ; il nous est donc aussi impossible de concevoir Dieu comme n'agissant pas que comme n'étant pas. De plus, s'il me plaisait de poursuivre, je pourrais aussi montrer ici que cette puissance que le vulgaire attribue à Dieu par fiction, non seulement est celle d'un homme (ce qui fait voir que le vulgaire conçoit Dieu comme un homme ou pareil à un homme), mais enveloppe aussi l'impuissance. Je ne veux pas toutefois reprendre si souvent le même discours. Je me contente de prier avec instance le lecteur d'examiner à plusieurs reprises ce qui est dit dans la première partie sur ce sujet depuis la Proposition 16 jusqu'à la fin. Nul en effet ne pourra percevoir correctement ce que je veux dire, s'il ne prend garde à ne pas confondre la puissance de Dieu avec la puissance humaine ou le droit des Rois. (Appuhn - fr)

2, prop 3, sc  - The multitude understand by the power of God the free will of God, and the right over all things that exist, which latter are accordingly generally considered as contingent. For it is said that God has the power to destroy all things, and to reduce them to nothing. Further, the power of God is very often likened to the power of kings. But this doctrine we have refuted (Pt. i., Prop. xxxii., Corolls. i. and ii.), and we have shown (Part i., Prop. xvi.) that God acts by the same necessity, as that by which he understands himself; in other words, as it follows from the necessity of the divine nature (as all admit), that God understands himself, so also does it follow by the same necessity, that God performs infinite acts in infinite ways. We further showed (Part i., Prop. xxxiv.), that God's power is identical with God's essence in action; therefore it is as impossible for us to conceive God as not acting, as to conceive him as non-existent. If we might pursue the subject further, I could point out, that the power which is commonly, attributed to God is not only, human (as showing that God is conceived by, the multitude as a man, or in the likeness of a man), but involves a negation of power. However, I am unwilling to go over the same ground so often. I would only beg, the reader again and again, to turn over frequently in his mind what I have said in Part i. from Prop. xvi. to the end. No one will be able to follow my meaning, unless he is scrupulously careful not to confound the power of God with the human power and right of kings. (Elwes - en)

2, prop 3, sc  - Das Volk versteht unter Gottes Macht Gottes freien Willen und sein Recht auf alle Dinge, welche sind und welche deshalb gewöhnlich als zufällige betrachtet werden. Denn, sagt man, Gott hat die Macht, alles zu zerstören und in nichts zu verwandeln. Auch vergleicht man häufig Gottes Macht mit der Macht der Könige. Doch habe ich dies in den Zusätzen I und II zu Lehrsatz 32, Teil 1, widerlegt und im Lehrsatz 16, Teil 1, bewiesen, daß Gott mit derselben Notwendigkeit handelt, mit welcher er sich selbst erkennt, d.h., sowie aus der Notwendigkeit der göttlichen Natur folgt (was alle einstimmig behaupten), daß Gott sich selbst erkennt, ebenso folgt mit derselbenNotwendigkeit, daß Gott Unendliches auf. unendliche Weisen tut. Ferner habe ich in Lehrsatz 34, Teil 1, bewiesen, daß Gottes Macht nichts ist als Gottes tätigesWesen. Daher ist es uns ebenso unmöglich zu begreifen, daß Gott nicht handle, als daß Gott nicht sei. Wenn ich dies weiter verfolgen dürfte, könnte ich hier noch zeigen, daß jene Macht, welche das Volk Gott andichtet, nicht bloß eine menschliche ist (was zeigt, daß Gott als Mensch oder nach dem Bilde eines Menschen vom Volk begriffen wird), sondern auch Ohnmacht einschließt. Doch will ich über dieselbe Sache nicht so oft ausführlich reden. Ich will nur den Leser dringend bitten, daß er alles, was im ersten Teil von Lehrsatz 16 an bis zum Schluß über diesen Gegenstand gesagt ist, aber und abermals erwäge. Denn niemand wird das, was ich meine, recht verstehen können, wenn er sich nicht außerordentlich hütet, die Macht Gottes mit der menschlichen Macht oder dem menschlichen Recht der Könige zu vermengen. (Stern - de)

2, prop 3, sc  - Per “potere di Dio” la gente intende la libera volontà di Dio e il suo diritto su tutto ciò che è, e che per tale ragione viene ordinariamente considerato contingente. Si dice infatti che Dio ha il potere di distruggere ogni cosa e di annichilarla; e spessissimo si paragona la potenza di Dio con la potenza dei Re. Ma io ho già confutato questa opinione (P. I, Conseg. 1 a e 2a d. Prop. 35), ed ho mostrato che Dio agisce con la medesima necessità con la quale egli intèllige se stesso (P. I, Prop. 25): cioè, come per la necessità della natura divina avviene (cosa che tutti sono unanimi nell'affermare) che Dio conosce se stesso, per la stessa necessità avviene che Dio fa infinite cose in infinite maniere. Ho poi mostrato (P. I, Prop. 34) che il potere (o la potenza) di Dio non è altro che la sua essenza attiva, cioè operante: al punto che pensare che Dio non agisca è per noi altrettanto impossibile che pensare che Dio non sia. Inoltre, se si volesse continuare a svolgere questo argomento, potrei anche mostrare che la potenza che la gente immagina in Dio non è soltanto una “potenza” di tipo umano (ciò che mostra come la gente si figuri Dio somigliante o analogo all'Uomo), ma addirittura implica un'impotenza; ma non voglio ripetere tante volte lo stesso discorso. Soltanto, prego istantemente il lettore di riflettere con grande impegno, tornandovi su se è necessario, sulle cose che ho detto intorno a questo argomento nella I Parte, dalla Prop. 16 alla fine. Sarà infatti difficilissimo intendere correttamente ciò che voglio dire se non si eviti con ogni mezzo di confondere la potenza di Dio con la potenza e col diritto, umani, che hanno i Re. (Peri - it)

2, prop 3, sc  - De groote massa verstaat onder Gods macht Gods vrijen wil en beschikking ten opzichte van al wat bestaat, zoodat daarom ook gemeenlijk alles als toevallig beschouwd wordt. Immers God heeft, zoo meent men, de macht om alles te verwoesten en tot niets te doen verkeeren. Daarom ook wordt Gods macht maar al te dikwijls bij de macht der koningen vergeleken. In Gevolg I en II van Stelling XXXII Deel I evenwel, hebben wij deze meening afgewezen en in Stelling XVI Deel I hebben wij aangetoond dat God handelt met diezelfde noodwendigheid, waarmede hij zichzelf begrijpt. Dat wil zeggen: evenals uit de noodwendigheid van Gods wezen volgt (gelijk allen volmondig erkennen) dat God zichzelf begrijpt, volgt uit diezelfde noodwendigheid dat God oneindig vele dingen op oneindig vele wijze doet. Voorts hebben wij in Stelling XXXIV Deel I aangetoond, dat Gods macht niets anders is dan Gods werkdadig wezen, en daarom is het ons even onmogelijk te denken dat God niet zou handelen als dat God niet zou bestaan. Indien ik hierop dieper wilde ingaan, zou ik hier nader kunnen aantoonen dat die macht, welke de groote massa aan God toedicht, niet alleen een menschelijk karakter heeft (hetgeen doet zien dat zij zich God voorstelt als een mensch of naar gelijkenis van den mensch) maar zelfs onmacht medebrengt. Doch ik wil niet zooveel woorden aan eenzelfde zaak verliezen. Ik wil den lezer slechts nog eens bij herhaling verzoeken om wat hierover in het Eerste Deel, van Stelling XVI af tot aan het einde, gezegd is, nog eens en nog eens te overwegen. Want niemand kan datgene, wat ik zeggen wil, juist begrijpen indien hij zich niet met de grootste zorg er voor hoedt Gods macht met menschelijke macht of met het menschelijk gezag der koningen te verwarren. (Suchtelen - nl)

2, prop 3, sc  - El vulgo entiende por potencia de Dios una voluntad libre y un derecho sobre todas las cosas que existen, y que son, por ello, comúnmente consideradas contingentes. Dicen, en efecto, que Dios tiene la potestad de destruirlo todo y reducirlo a la nada. Y comparan, además, muy frecuentemente la potencia de Dios con la de los reyes. Pero esto lo hemos refutado en los Corolarios 1 y 2 de la Proposición 32 de la Parte I, y, en la Proposición 16 de la Parte I, hemos mostrado que Dios actúa con la misma necesidad con que se entiende a sí mismo; esto es, así como en virtud de la necesidad de la divina naturaleza se sigue (según todos afirman unánimemente) que Dios se entiende a sí mismo, con la misma necesidad se sigue también que Dios obra infinitas cosas de infinitos modos. Además, en la Proposición 34 de la Parte I hemos mostrado que la potencia de Dios no es otra cosa que la esencia activa de Dios, y, por tanto, nos es tan imposible concebir que Dios no actúa como que Dios no existe. Por lo demás, si me pluguiera proseguir con este tema, podría mostrar también aquí que esa potencia que el vulgo se imagina haber en Dios no sólo es humana (lo que muestra que Dios es concebido por el vulgo como un hombre, o a semejanza de un hombre), sino que implica, además, impotencia. Pero no quiero reiterar tantas veces el mismo discurso. Sólo ruego al lector, una y otra vez, que sopese repetidamente lo que se ha dicho sobre este tema en la primera parte, desde la Proposición 16 hasta el final. Pues nadie podrá percibir rectamente lo que pretendo, a no ser que se guarde muy bien de confundir la potencia de Dios con la humana potencia, o derecho, de los reyes. (Peña - es)

2, prop 3, sc  - Le vulgaire, par puissance de Dieu, entend la libre volonté de Dieu et son droit sur tout ce qui est, qui par là se trouve communément considéré comme contingent. Car Dieu a le pouvoir de tout détruire, dit-on, et de tout renvoyer au néant. En outre, on compare très souvent la puissance de Dieu à la puissance des Rois. Mais cela, nous l'avons réfuté dans les Corollaires 1 et 2 de la Proposition 32 partie 1, et à la Proposition 16 partie 1 nous avons montré que Dieu agit par la même nécessité qu'il se comprend lui-même, c'est-à-dire, de même qu'il suit de la nécessité de la nature divine (comme tous l'affirment d'une seule voix) que Dieu se comprend lui-même, il suit également par la même nécessité que Dieu fait une infinité de choses d'une infinité de manières. Ensuite, à la Proposition 34 partie 1 nous avons montré que la puissance de Dieu n'est rien d'autre que l'essence agissante de Dieu et par suite il nous est aussi impossible de concevoir que Dieu n'agit pas, que de concevoir qu'il n'est pas. En outre, si l'on voulait poursuivre là-dessus, je pourrais également montrer ici que cette puissance dont le vulgaire affuble dieu, non seulement est humaine (ce qui montre que le vulgaire conçoit Dieu comme un homme, ou à l'instar d'un homme), mais aussi enveloppe impuissance. Mais je ne veux pas parler si souvent de la même chose. Je demande seulement au Lecteur, encore et encore, d'examiner une fois et encore une autre fois ce qu'on a dit à ce sujet dans la première partie, de la Proposition 16 jusqu'à la fin. Car nul ne pourra percevoir correctement ce que je veux à moins de mettre un soin extrême à ne pas confondre la puissance de Dieu avec la puissance humaine des Rois ou leur droit. (Pautrat - fr)

2, prop 3, sc  - Le vulgaire entend par puissance de Dieu la libre volonté de Dieu et la juridiction sur toutes les réalités qui existent et qui sont communément considérées pour cette raison comme contingentes. On dit en effet que Dieu a le pouvoir de tout détruire et de tout réduire à néant. En outre, on compare très souvent la puissance de Dieu et celle des Rois. Mais nous avons réfuté ces opinions dans les Corollaires I et 2 de la Proposition 32 de la Partie I, et à la Proposition 16 de cette Partie I nous avons montré que c'est par la même nécessité que Dieu agit et qu'il se comprend lui-même; c'est-à-dire que, de même qu'il suit de la nécessité de la nature divine que Dieu se comprenne lui-même (comme on l'admet unanimement), il suit aussi de cette même nécessité que Dieu produise une infinité de choses en une infinité de modes. Nous avons en outre montré, par la Proposition 34 de la Partie I, que la puissance de Dieu n'est rien d'autre que son essence active, et qu'il nous est par conséquent aussi impossible de concevoir Dieu comme n'agissant pas, que de le concevoir comme n'étant pas. De plus, si je voulais conduire plus loin cette analyse, je pourrais montrer non seulement que cette puissance que le vulgaire suppose en Dieu est une puissance humaine (ce qui révèle que le vulgaire conçoit Dieu comme un homme ou sur le modèle de l'humanité), mais encore qu'elle enveloppe une impuissance. Mais je ne veux pas traiter si souvent de ce point. Je prie seulement le lecteur, et le prie instamment de réexaminer plusieurs fois ce qui a été dit à ce propos dans la Partie I, depuis la Proposition 16 jusqu'à la fin. Car personne ne pourra saisir correctement ce que je veux dire s'il ne veille avec la plus grande prudence à ne pas confondre la puissance de Dieu avec la puissance humaine, autrement dit le pouvoir institutionnel des rois. (Misrahi - fr)

1, prop 32, cor 1 - Hinc sequitur I° Deum non operari ex libertate voluntatis.

1, prop 32, cor 2 - Sequitur II° voluntatem et intellectum ad Dei naturam ita sese habere ut motus et quies et absolute ut omnia naturalia quae (per propositionem 29) a Deo ad existendum et operandum certo modo determinari debent. Nam voluntas, ut reliqua omnia, causa indiget a qua ad existendum et operandum certo modo determinetur. Et quamvis ex data voluntate sive intellectu infinita sequantur, non tamen propterea Deus magis dici potest ex libertate voluntatis agere quam propter ea quae ex motu et quiete sequuntur (infinita enim ex his etiam sequuntur) dici potest ex libertate motus et quietis agere. Quare voluntas ad Dei naturam non magis pertinet quam reliqua naturalia sed ad ipsam eodem modo sese habet ut motus et quies et omnia reliqua quae ostendimus ex necessitate divinae naturae sequi et ab eadem ad existendum et operandum certo modo determinari.

1, prop 16 - Ex necessitate divinae naturae infinita infinitis modis (hoc est omnia quae sub intellectum infinitum cadere possunt) sequi debent.

1, prop 34 - Dei potentia est ipsa ipsius essentia.

utilisé(e) par : 2, prop 5, demo   |  2, prop 9, cor , demo  |  2, prop 20, demo   |  2, prop 24, demo   |  5, prop 22, demo   |  5, prop 35, demo 

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